Le principal salon de la technologie a fermé ses portes hier à Las Vegas après quatre jours de bousculade. Les technologies du moment sont entrées dans une phase de convergence. Intelligence artificielle, robots et objets connectés tentent de fusionner.

Quelques grandes tendances ont émergé lors du salon CES (Consumer Electronics Show) à Las Vegas, qui s’est terminé dimanche. Alors qu’il y a quelques années, ce haut lieu de la technologie accueillait avant tout des constructeurs actifs dans le domaine de la vidéo, de la télévision, de l’informatique et des télécommunications, cette cinquantième édition est marquée par une réelle intégration des technologies du moment.

Véhicules autonomes

Tout est dans tout désormais. La voiture autonome est "la" tendance du moment, appréciée selon son niveau de connectivité, ses capteurs, calculateurs et simulateurs. Elle est électrique, bien entendu, s’inscrit dans l’économie du partage, puisqu’elle s’adapte aux besoins de plusieurs utilisateurs connectés, utilise les capteurs les plus sophistiqués, des objets connectés interagissant avec leur environnement, et utilise, le cas échéant, la réalité augmentée. L’interaction de ces véhicules via les réseaux s’inscrit dans une tendance lourde au niveau mondial, appuyée par les poids lourds du secteur des infrastructures de réseaux qui ont présenté la technologie 5G : les villes intelligentes ("smart cities"), impliquant une large ouverture des bases de données publiques aux engins connectés. Le tout étant analysé et géré par des systèmes autonomes, évolutifs et capables de décision. Le débat sur l’intelligence artificielle ne fait que commencer.

Réalité augmentée

La réalité augmentée, qui permet par exemple de visualiser un véhicule distant en regardant "à travers les murs", est certes une tendance dont les aspects utilitaires sont évidents, mais dont les variantes marketing ou ludiques sont les plus médiatisées. Hélas, si ce nouveau marché suscite les appétits des grands noms de la technologie, il ne séduit toujours que les "geeks", capables de vivre de longues heures dans un univers virtuel. C’est toutefois un secteur d’activités, siège d’une véritable guerre commerciale entre constructeurs et développeurs d’applications. C’est que le CES est avant tout une foire commerciale qui oppose quelque 3 800 exposants, accueillant plus de 165 000 visiteurs, concurrents, professionnels, sans oublier plus de 6 500 journalistes et blogueurs spécialisés.

Robots et écrans ultra-HD

Ceux-ci se sont évidemment délectés de la profusion de robots plus ou moins intelligents, autonomes, sympathiques ou utiles, dont les capacités en font potentiellement les futurs assistants des ménages. Ici aussi, les défis sont logés dans l’intégration des systèmes et des assistants intelligents, comme Cortana (Microsoft), Siri (Apple) ou Alexa (Amazon). Tous tentent de nouer des accords pour prendre place à bord des voitures particulières, des télévisions, du matériel électroménager. De quoi faire passer d’ailleurs à l’arrière-plan les dernières télés haut de gamme présentées par les constructeurs à la pointe, comme Samsung avec ses écrans QLed, LG, Sony ou Dell, qui ont rivalisé sur le front des écrans "8K", supposés enterrer les désuets "Full HD" ou "4K".

Technologies invisibles

Mais on le sait, la meilleure technologie est celle qu’on ne voit pas. De quoi justifier le succès, par exemple, de la moto "super-smart" développée par Honda : même à l’arrêt, elle reste en équilibre sur ses deux roues, et assiste son conducteur en freinant à sa place en cas de risque d’accident ou de chute.


Assistants vitaux

Handicaps. Grâce aux progrès de la robotique et de l’intelligence artificielle, le secteur technologique offre de nouveaux espoirs pour améliorer la qualité de vie des handicapés. La start-up américaine BrainRobotics présentait ainsi cette semaine au salon d’électronique CES de Las Vegas une prothèse de main capable d’interpréter les signaux envoyés par les muscles résiduels de l’utilisateur. L’entreprise ambitionne une commercialisation d’ici un an pour moins de 300 dollars… L’intelligence artificielle peut aussi venir en aide aux malvoyants. Facebook et Microsoft notamment ont dévoilé l’an passé des systèmes capables de "voir" des images et d’en décrire le contenu pour les aveugles. La société israélienne Orcam montre pour sa part au CES un petit appareil baptisé MyEye, qui "regarde" ce qui est devant l’utilisateur ou ce qu’il montre du doigt, et lui parle à l’oreille, lisant un texte, identifiant des produits au supermarché ou des personnes. Chez le Danois Oticon, ce sont les objets connectés de la maison qui parlent à l’oreille du consommateur malentendant.