Premier forum organisé vendredi à Charleroi par les huit intercommunales de développement économique (BEP, IBW, Idea, Idelux, Ideta, IEG, Igretec, SPI +), regroupées au sein de Wallonie développement. Et ce, en présence des ministres wallons André Antoine (CDH, Aménagement du territoire, Transports) et Jean-Claude Marcourt (PS, Economie, Emploi).

L'objectif des dirigeants est notamment de rappeler l'utilité des intercommunales pour l'essor économique de la Wallonie et mettre en avant leurs besoins. "Depuis plus de 40 ans, nous nous profilons comme un partenaire majeur du gouvernement fédéral, des gouvernements régionaux et aussi des administrations et organismes d'intérêt public pour toute matière liée au développement économique, à l'aménagement du territoire et plus généralement à l'emploi", a indiqué Marc Debois, directeur général d'Igretec et vice-président de Wallonie développement. Au bilan, il ressort que les membres de Wallonie développement gèrent actuellement 222 parcs d'activités économiques (occupant 12000 ha) sur tout le territoire wallon. Ensemble, ces parcs abritent 6 000 entreprises qui procurent de l'emploi pour 140 000 travailleurs. "Nous avons envie de faire avancer la Wallonie et nous ne travaillons pas isolément. Nous avons des partenariats avec plusieurs acteurs (universités, chambres de commerce, UCM, Forem, etc.). Et nos atouts sont notamment la proximité avec les communes et le fait d'avoir plusieurs types de compétences au sein du personnel des intercommunales", dit Renaud Degueldre, directeur du BEP.

Parcs saturés à 97 pc

Les huit intercommunales, qui ont d'autres cordes à leurs arcs, emploient 1 760 personnes sur 47 implantations et affichant une moyenne d'âge de 39 ans. Le personnel des intercommunales intègre un réseau de 250 agents expérimentés à la disposition des candidats investisseurs. Leur spécialité : "Identifier les sites qui conviennent le mieux aux porteurs de projets, les mettre en valeur avec un objectif, avoir une longueur d'avance sur les régions concurrentes", dit M. Debois.

Mais, aujourd'hui, les intercommunales sont freinées dans leurs missions principales, en raison du manque de terrains. Les parcs d'activités économiques affichent un taux élevé de saturation. Et les investisseurs demandent de plus en plus de terrains de grandes tailles. "Les taux d'occupation oscillent entre 86 et 97 pc. Cette saturation ne nous permet plus de répondre de manière optimale aux demandes d'implantation ou d'extension des entreprises. Parfois quantitativement, parfois qualitativement par manque de variété dans la taille des parcelles, la localisation, l'accessibilité, voire l'équipement. Cette situation est préoccupante et inacceptable, compte tenu de nos indicateurs macro-économiques régionaux qui restent insatisfaisants à plus d'un endroit en Wallonie", a fustigé M. Debois.

Eviter le phénomène Nimby

D'après le ministre Antoine, les besoins en nouvelles zones d'activités économiques, identifiées par la Conférence permanente du développement territorial (CPDT), sont évalués à 1884,4 ha à l'horizon 2020. Mais des réformes ont été initiées pour éviter l'étranglement total et dégager des surfaces. Sans oublier la sensibilisation de tous les acteurs, y compris de la population pour éviter le phénomène "Nimby" ("not in my back yard", soit "pas dans mon jardin").

Le plan des autorités wallonnes prévoit de dégager 2500 ha supplémentaires pour les zones d'activités économiques à moyen terme et les intercommunales devraient hériter de terrains suffisants dès 2009. Certaines ont déjà entamé des travaux d'extension, comme dans le Brabant wallon, où le parc de Nivelles Sud devrait gagner 50 ha supplémentaires. Ceux de Tubize-Saintes et de Jodoigne-Hélécine-Orp Jauche doivent aussi voir leur superficie s'agrandir, mais on attend certains accords politiques.