Nouveau carton rouge pour les fournisseurs d'accès Internet belges. Selon Test-Achats, les connexions haut débit (câble et ADSL) vendues en Belgique restent encore et toujours plus chères et moins performantes que dans les pays voisins. Le même constat avait déjà été dressé il y a douze mois mais, d'après l'association de défense des consommateurs, la situation ne s'est pas améliorée depuis lors.

C'est même tout le contraire : d'après une étude comparative de 120 offres commerciales dans 7 pays européens, les offres belges se retrouvent systématiquement parmi les plus mal classées, avec des tarifs parfois cinq ou six fois plus chers que le fournisseur le plus intéressant.

Plus inquiétant encore : ce constat vaut aussi bien pour les offres ADSL de Belgacom que pour celles des câblo-opérateurs Telenet, Voo et Coditel. Les fournisseurs belges constituent par ailleurs les cancres dans les trois types d'offres analysés par Test-Achats, qu'il s'agisse des offres destinées aux utilisateurs occasionnels, moyens ou intensifs.

Lorsqu'on parle des utilisateurs moyens par exemple - à savoir une vitesse de téléchargement de 4 Mégabits par seconde et une limite de téléchargement de 15 Gigaoctets par mois -, la plupart des pays voisins tournent autour des 15 à 20 € par mois alors qu'en Belgique, on se situe aux alentours des 45 € !

Certes, une étude OCDE citée récemment par la ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte (CD & V) plaçait plutôt la Belgique dans la moyenne au niveau des tarifs Internet mais selon Test-Achats, ce constat ne vaut plus une fois que l'on a retiré le Mexique et la Turquie du calcul (les prix y sont exorbitants) et surtout, il n'est pas du tout vrai par rapport aux pays voisins.

"En 2000, la Belgique était à la pointe en matière d'Internet haut débit, mais on en est loin aujourd'hui, souligne David Wiame, l'auteur de l'étude. Il existe bien quelques rares offres belges qui se rapprochent des meilleures formules européennes mais hélas, le champ d'action de ces francs-tireurs reste pour l'instant limité à certaines régions, voire même à certaines villes précises". Il s'agit notamment des offres de Dommel et d'E-Leven.

"42 euros, ce n'est pas cher"

Comment expliquer le retard de la Belgique ? Pour Test-Achats, il est lié notamment à la faiblesse du régulateur et au manque de concurrence. La part de marché de Belgacom dans l'ADSL, par exemple, s'élève aujourd'hui à 70 pc et elle dépassera les 80 ou même les 90 pc lorsque l'opérateur historique aura racheté Scarlet. Le même constat vaut pour le câble, qui est dominé par Telenet et Voo.

Pour améliorer la situation, Test-Achats préconise entre autres de séparer les activités vente et réseau de Belgacom (comme cela se fait dans le secteur de l'énergie) et de diminuer la part de l'Etat dans l'opérateur historique "afin de prévenir les conflits d'intérêts incessants".

L'association appelle également le nouveau ministre des Télécoms Vincent Van Quickenborne (Open VLD) à organiser une concertation avec les fournisseurs d'accès pour tenter d'améliorer la situation.

La partie semble cependant loin d'être gagnée dans la mesure où il y a quelques jours encore, le patron de Belgacom Didier Bellens affirmait, en parlant du prix de l'ADSL, que "42 euros, ce n'est pas cher pour les services que nous offrons"...