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Entreprises & Start-up

Investir dans l'énergie renouvelable

Ariane van Caloen

Publié le - Mis à jour le

Il faut une part d'idéalisme pour se lancer dans l'activité de l'énergie renouvelable. Ivan Sintzoff, administrateur délégué et un des fondateurs de Xylowatt, une entreprise spécialisée dans la fourniture de centrales de cogénération par gazéification de bois, en a visiblement. Il sait qu'avec ce business, il ne va jamais gagner un pactole du jour au lendemain. D'ailleurs, ce n'est pas sa priorité, ce qui ne signifie pas non plus qu'il refuse de s'inscrire dans le système capitaliste. Ce qui l'intéresse c'est de pouvoir concilier les trois «P» : Planet, People (aspect sociétal) et Profit. «On essaie de regarder que nos actions aient un effet positif», explique-t-il.

L'attrait d'Ivan Sintzoff pour l'énergie renouvelable ne date pas d'hier. C'est le fil conducteur de ses études d'ingénieur civil à l'UCL. Avec le professeur Martin et quelques autres chercheurs, il se lance dans un programme de recherche sur la technologie du gazogène. Celle-ci consiste à utiliser des déchets de bois pour produire de l'énergie. Mise au point à la fin du 19e siècle, elle a surtout été utilisée dans les périodes de pénurie (notamment pendant la guerre 40-45). Elle fut abandonnée après la Seconde guerre mondiale en raison de l'afflux de pétrole.

Dans sa quête d'énergie renouvelable, l'équipe du professeur Martin aurait pu s'intéresser aux éoliennes. Mais c'était trop tard, rappelle Ivan Sintzoff: le Danemark s'était déjà accaparé cet important marché qui emploie 50000 personnes en Europe.

C'est ainsi qu'Ivan Sintzoff, alors âgé de 30 ans, crée en 2001 avec quelques comparses Xylowatt. L'UCL apporte son soutien financier (via Sopartec). La mise de départ est de 400000 euros. Les autres investisseurs sont Sart-It (un fonds de capital à risque wallon) et le groupe de chercheurs. Ils sont une petite dizaine à se regrouper dans une coopérative baptisée Energethics. Un nom où l'on retrouve cette philosophie «éthique».

Comme des architectes

Pour la construction des centrales, Xylowatt utilise le plus possible des sous-traitants. «Nous sommes plutôt des assembliers. On travaille plus comme des architectes. Il n'y a pas beaucoup de travail en usine».

A l'heure actuelle, la société a conclu cinq contrats dont quatre avec le groupe Electrabel (obligé d'utiliser un minimum d'énergie renouvelable pour l'obtention des certificats verts) et un avec la commune wallonne de Gedinne. Ce genre de centrales produit de l'électricité en petite quantité et de l'eau chaude (avec la perte de chaleur récupérée). De petites tailles (environ 100 m2 sur 6 à 7 mètres de haut), elles ont une puissance de 300 kW. Chacune d'elles peut fournir la consommation d'environ 500 ménages. Les centrales commandées par Electrabel fourniront de l'énergie à des caisseries et des scieries.

Deux ans après sa création, la société est encore en phase d'investissement. Et ceux qui y travaillent - surtout des ingénieurs - ne rechignent pas sur les heures supplémentaires. «On est tous très impliqués. C'est un travail d'équipe» , souligne Ivan Sintzoff.

Une des difficultés pour une société industrielle comme Xylowatt, c'est que le processus est souvent «lent et lourd» . Mais, le grand avantage c'est qu'il y a des «résultats sur le bien-être» .

© La Libre Belgique 2003

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