Ant Group, société affiliée au mastodonte du commerce électronique Alibaba, doit placer jeudi pour plus de 34 milliards de dollars d'actions sur les places de Hong Kong et Shanghai, ce qui constitue la plus grosse introduction en Bourse de l'histoire de la finance mondiale.

Mais à quelques jours de l'événement, Jack Ma, fondateur d'Alibaba, ainsi que le président d'Ant, Eric Jing, et son directeur général, Simon Hu, ont été convoqués lundi pour un "entretien réglementaire" avec des représentants de la banque centrale et des gendarmes de la Bourse, du marché des changes et du secteur bancaire, ont annoncé les autorités dans un communiqué inhabituel.

Rien n'a filtré quant au contenu de la discussion, mais Ant a été montré du doigt récemment dans les médias chinois pour les risques que pourraient constituer ses activités de prêts en ligne.

Dans un communiqué, le groupe lui-même a précisé que l'entretien avait consisté en "un échange de vues autour de la santé et de la stabilité du secteur financier".

"Ant Group est prêt à mettre en oeuvre en profondeur les opinions émises lors de la réunion", a assuré l'entreprise.

Outre les 731 millions d'utilisateurs mensuels actifs de sa plateforme de paiement Alipay, omniprésente en Chine, Ant s'est diversifié ces dernières années dans les services financiers, permettant par exemple aux utilisateurs d'obtenir un emprunt en quelques clics.

Le développement des services financiers en dehors du secteur bancaire préoccupe les régulateurs. Dimanche, le quotidien Financial News s'inquiétait de l'expansion infinie des géants de l'internet et d'une "grave contagion des risques".

Jack Ma lui-même a paru critiquer les régulateurs fin octobre lors d'un discours à Shanghai dans lequel il se vantait du record boursier qu'Ant s'apprête à battre, après celui d'Alibaba à Wall Street en 2015 (25 milliards de dollars).

Ce record a été battu l'an dernier par le géant saoudien du pétrole Aramco (29,4 milliards de dollars).

En s'introduisant à Shanghai et Hong Kong, Ant Group répond à l'appel de Pékin, qui souhaite voir ses fleurons technologiques se coter sur les places boursières nationales, dans une période de rivalité économique et politique acérée avec les Etats-Unis.