Il est le plus célèbre homme d’affaires de Chine et le symbole du "self-made-man" pour ses compatriotes. À 56 ans, Jack Ma doit désormais gérer la vindicte des autorités, qui semblent décidées à lui couper les ailes.

Pékin a annoncé récemment une enquête anti-monopole contre Alibaba, le mastodonte du commerce électronique fondé par Jack Ma en 1999 et devenu depuis le plus grand groupe d’Asie après son rival et compatriote Tencent.

L’ancien professeur d’anglais, officiellement retraité d’Alibaba depuis l’an dernier, accumule les revers depuis l’automne et n’a plus été vu en public depuis début novembre et l’annulation in extremis de l’introduction en Bourse d’Ant Group, numéro un mondial du paiement en ligne dont il est le premier actionnaire. Ce fiasco lui aurait coûté son titre de première fortune de Chine, malgré un matelas tout de même évalué à 58 milliards de dollars.

Jack Ma a pu froisser le régime communiste en critiquant publiquement les régulateurs financiers de son pays quelques jours avant l’entrée en Bourse d’Ant Group.

Jack Ma a eu la prescience de l’évolution massive de ses compatriotes vers le commerce électronique.

Les médias chinois racontent à l’envi ses débuts : son ascension à partir d’un milieu pauvre, un père peinant à faire vivre sa famille, un bac raté deux fois, les petits boulots, jusqu’à la création d’Alibaba dans un appartement de Hangzhou (Est), avec 60 000 dollars empruntés à des amis.

Jack Ma (Ma Yun de son nom chinois) avait décidé d’abandonner son métier d’enseignant à l’université après avoir découvert Internet lors d’un voyage aux États-Unis et saisi la possibilité offerte aux entreprises d’échanger leurs biens en ligne.

De même, il comprend vite le potentiel des smartphones : avec son service Alipay, il sera le pionnier du paiement électronique mobile. Ces intuitions lui valent une réputation de visionnaire dans un pays où l’argent liquide est en voie de disparition au profit du paiement par smartphone.

Les excentricités de Jack Ma détonnent dans l’univers corseté des entrepreneurs chinois : en 2017, il s’était grimé en Michael Jackson lors d’un gala d’entreprise…