La crise du coronavirus frappe de plein fouet l’économie américaine. Et creuse encore un peu plus les inégalités sociales. À New York, des grands patrons viennent de s’engager à embaucher 100 000 personnes à faibles revenus ou issues des minorités noires, latinos et asiatiques, d’ici 2030 (lire notre édition précédente). Parmi ces patrons, on retrouve Jamie Dimon, à la tête depuis 2005 de JPMorgan Chase, la première banque américaine et une des plus puissantes de la finance mondiale.

Pour Jamie Dimon, cette crise sanitaire sans précédent doit servir "d’électrochoc" pour penser une économie plus équitable. "Cette crise doit servir d’électrochoc et d’appel à l’action pour les entreprises et les gouvernements à réfléchir, penser, agir et investir pour le bien commun et à s’attaquer aux obstacles structurels qui ont empêché jusque-là une croissance économique plus équitable pendant de nombreuses années", a-t-il notamment expliqué. Un discours relativement atypique dans le monde des banques d’affaires et à Wall Street.

Âgé de 64 ans, Jamie Dimon, qui s’exprime régulièrement sur des thématiques sociétales, plaide pour une réforme du capitalisme. Reconnaissable à sa chevelure argentée, Dimon promet de partager "bientôt" des idées sur cette économie équitable car "en faisant la chose juste en ces temps de crise, nous pouvons en ressortir plus forts". Sa banque a été critiquée récemment pour avoir privilégié les grandes entreprises, comme les chaînes de restaurant Shake Shack et Ruth’s Chris Steak House, dans le plan fédéral de prêts aux petites et moyennes entreprises américaines dévastées par la crise du coronavirus (PPP).

Plus proche des Démocrates, le banquier aurait refusé l’offre du président Donald Trump de devenir secrétaire au Trésor, avaient indiqué à l’AFP à l’époque des sources proches.

En mars dernier, Jamie Dimon avait connu un très sérieux problème de santé : il avait été opéré du cœur en urgence après une dissection aortique. Dimon a fait la plus grande partie de sa carrière dans le secteur financier, en travaillant pour American Express, Goldman Sachs, Citigroup ou Bank One.