La direction de Janssen Pharmaceutica (la division pharmaceutique de l'entreprise américaine Johnson & Johnson) l'a annoncé, ce mardi, à son conseil d'entreprise : elle va renforcer ses compétences de base en matière de recherche, de fabrication et de vente. "L'entreprise se concentrera sur les activités apportant une forte valeur ajoutée et réduira les services généraux gérés par l'entreprise elle-même." Ceci implique qu'une série de tâches seront confiées à des partenaires externes. Des conséquences, aussi, en termes d'emploi. "Janssen Pharmaceutica a l'intention de réduire ses coûts de 15 pc notamment par une diminution de l'effectif à concurrence de 521 emplois avec contrat à durée indéterminée et 167 emplois temporaires qui ne seront pas reconduits", a-t-elle confirmé par communiqué. Il s'agit de 277 employés, 146 cadres et 98 ouvriers.

Explication officielle : un contexte difficile avec l'expiration dans les deux ans à venir de plusieurs brevets protégeant des médicaments importants (qui représentent pour le groupe un chiffre d'affaires de quelque 5 milliards de dollars) tandis que, dans le même temps, les contraintes augmentent en matière de réglementation, tout comme les coûts de la recherche et la durée de celle-ci. La maison mère, Johnson & Johnson, avait prévenu : elle préparait un grand plan d'économies dont elle devait révéler le détail à l'occasion d'un conseil européen spécial ce mardi, en Suisse. C'est fait : 4 800 postes passeront à la trappe dans le monde.

Chez nous, les activités de Johnson & Johnson se répartissent sur plusieurs sites : une usine Janssen Pharmaceutica de médicaments à Geel, une unité de recherche et développement Janssen Pharmaceutica à Beerse, un troisième site Janssen Pharmaceutica à Olen, Tibotec à Malines (recherche scientifique), Janssen-Cilag à Berchem (dans le marketing et la vente de médicaments), un centre de service à la clientèle Johnson & Johnson à Bruxelles, et un centre de distribution européen Johnson & Johnson à Courcelles.

A priori, de source syndicale, le site de Beerse devrait être le plus touché. Mais des emplois seraient aussi visés à Geel et Olen, ainsi que chez Tibotec à Malines et Janssen-Cilag à Berchem.

"Nous sommes parfaitement conscients que ce sont des moments très difficiles mais nous devons agir dès aujourd'hui si nous voulons préserver notre avenir", déclare Ajit Shetty, président et CEO de Janssen Pharmaceutica.

De leur côté, les syndicats se déclarent abasourdis. "Normalement, il y a des signes avant-coureurs d'une décision comme celle-là. Ici : rien", constate Lahoucine Tazribine, secrétaire permanent à la CNE. Alors même si le conditionnel reste de mise (puisqu'on en est à la fameuse étape d'intention prévue par la loi Renault), les syndicats ne comptent rien lâcher. "Priorité : limiter la casse sociale en examinant toutes les alternatives en termes de prépension, en ouvrant des cellules de reconversion, en négociant des primes de licenciement." Mais au-delà de ce cas et des restructurations passées, il réclame un réel plan politique sur le fond pour le secteur, autour des questions de savoir ce que nous consommons, fabriquons et remboursons comme médicaments en Belgique.