Avec cette nouvelle affaire liée à Nethys - via sa filiale NEB Participations, l’entreprise liégeoise est l’actionnaire majoritaire de l’aéroport de Liège -, le monde politique wallon marche sur des œufs. Mercredi après-midi, en séance plénière du Parlement wallon, cinq questions urgentes en lien avec le licenciement de Luc Partoune étaient destinées au ministre de tutelle, Jean-Luc Crucke (MR). Ce dernier nous précisait, dans la matinée, que cette décision était, pour lui, une surprise. "C’est une décision difficile. Luc Partoune a fait beaucoup de choses très positives pour le développement de l’aéroport, mais en même temps, lorsqu’il y a une infraction, il doit y avoir sanction. La confiance n’existe plus", explique le ministre qui se dit "solidaire de la décision prise mardi soir par le conseil d’administration de l’aéroport". Rappelons que la Wallonie est aussi actionnaire de l’aéroport de Liège via la Sowaer (société wallonne des aéroports).

Au Parlement wallon, le député de l’opposition, Germain Mugemangango (PTB) a tenté de revenir sur la précédente affaire Partoune qui s’était soldée par une transaction pénale. Mais le ministre s’est borné à répondre sur les éléments que lui a communiqués le commissaire du gouvernement auprès de l’aéroport. Jean-Luc Crucke n’a par ailleurs pas pu dire si le rapport de Deloitte contient d’autres infractions. Et pour cause : il ne disposerait pas de ce fameux rapport. L’opposition wallonne a dès lors réclamé que ce rapport soit rendu public.

Prudent, le ministre libéral a réussi à ne rien promettre. Mais le ministre wallon a aussi souhaité éviter les amalgames avec l’affaire Nethys - alors que cette mission a quand même été confiée à Deloitte parce que Nethys fait partie des actionnaires de l’aéroport de Liège. "Il ne faut pas tout mélanger, je ne parlerais pas de lien direct entre Luc Partoune et l’affaire Nethys." Il n’hésitera pourtant pas à lâcher cette phrase lourde de sens : "On parle dans le dossier Nethys de ‘mains invisibles’; certains doivent comprendre que c’est fini d’avoir les mains sales."

Jean-Luc Crucke considère aussi que la décision de licencier Luc Partoune est un message important, qui évite "de laisser penser qu’il y a un entre-soi".

Aucune rancune à l’égard de Luc Partoune

Et le ministre a aussi tenu à nous préciser que le fait que Luc Partoune ait refusé de baisser son salaire, alors que le décret gouvernance wallon de juillet 2018 le lui imposait, n’a pas joué dans la décision. "Il s’y est opposé, il a introduit un recours et il a perdu, point final. De mon côté, il n’y avait aucune rancune." Pour l’heure, la priorité du ministre est de rassurer le personnel de l’aéroport ainsi que les clients et les futurs clients de ce dernier. Selon lui, la décision de licencier Luc Partoune va dans ce sens-là. La procédure qui permettra de lui trouver un successeur va démarrer rapidement.