Le courtier Jones Lang LaSalle (JLL) a pris l'habitude de définir les tendances du marché immobilier européen en positionnant les principales places de bureaux dans leur cycle locatif: chute ou reprise des loyers, décélération ou accélération de la croissance locative. Pour une lecture simplifiée, il a imaginé un graphique sous forme d'horloge. Au 31 mars 2006, 18 des 27 places analysées sont au début ou au milieu d'une accélération de la croissance de leurs loyers haut de gamme. Globalement, ces derniers ont augmenté de 5,5 pc en glissement annuel et de 1,5 pc en glissement trimestriel, emmenés par Londres (+10 pc au cours du trimestre, +17,9 pc sur l'année) et Moscou (+7,1 pc/+17,2 pc). Au cours de ce 1 éme rtrimestre, Bruxelles a connu une croissance locative positive de 1,75 pc pour atteindre 290 euros/m2/an; une première depuis le 2etrimestre 2004. En ce qui concerne le loyer du quartile supérieur et le loyer moyen pondéré, ils ont respectivement augmenté de 1,5 pc (197 euros/m2/an) et de 4,3 pc (170 euros/m2/an).

En termes de prise en occupation combinée, JLL avance le chiffre de 2,9 millions de m2, en hausse de 32 pc par rapport à la même période l'année dernière (2,2 millions). Paris a enregistré un niveau record à 780 000 m2, soit une progression de 103 pc par rapport au 1ertrimestre 2005. Parmi les autres villes ayant observé une forte croissance de la demande, le courtier cite Dublin (215 pc), Luxembourg (183 pc) et Lyon (122 pc). Bruxelles, pour sa part, présente une progression de sa prise en occupation de 23 pc, à 150 000 m2.

Les taux de vacances moyens ont baissé de 0,8 pc et passent de 9,7 pc (1ertrimestre 2005) à 8,9 pc (1ertrimestre 2006). Un repli emmené plus particulièrement par Prague, Dublin et Madrid, qui ont connu des reculs au niveau des taux trimestriels entre 1,5 pc et 1,2 pc. Les villes qui présentent les taux de vacances les plus élevés sont Amsterdam (17,5 pc), Francfort (17,5 pc) et Stockholm (16,7 pc). A l'opposé, on trouve Moscou (2,5 pc), Madrid (5,2 pc) et Barcelone (5,2 pc). Bruxelles est dans la bonne moyenne, avec un taux stable de 10,3 pc. Ce qui cache toujours une forte disparité entre quartiers centraux des affaires (Léopold, Louise, Centre, Nord), qui ont enregistré un recul à 6,0 pc, et quartiers décentralisés et périphériques, en hausse à 18,6 pc.

«Dans un contexte où la demande et la prise en occupation sont stimulées par la croissance économique continue en Europe, où l'absorption nette est en hausse et où les taux de vacances reculent, commente Patricia Lannoije, Head of Research, Marketing & Communication Belux chez JLL, nous commençons à entrevoir la reprise cyclique des valeurs locatives haut de gamme.»

© La Libre Belgique 2006