De Marseille à Riga, en passant par Göteborg ou Poznan, 300 villes européennes accueillent, vendredi et samedi, les premières bourses européennes de l'emploi, ou European Job Fair. L'objectif de la Commission européenne, à l'origine de l'événement : faire se rencontrer candidats à la mobilité et employeurs venus d'ailleurs.

Cette initiative, à l'instar de nombreux autres projets ayant jalonné l'année 2006 de la mobilité européenne, vise à donner corps à un marché européen de l'emploi. Car de multiples obstacles continuent de se dresser sur la route du travailleur cherchant à circuler librement sur le marché communautaire.

Régimes de sécurité sociale, accès au logement, langues, reconnaissance des diplômes : "L'environnement peut être décourageant", expliquait, jeudi, Vladimir Spidla, commissaire européen aux Affaires sociales. Or, poursuivait-il, "il y a en Europe 17 millions de chômeurs et 3 millions d'emplois non pourvus". Une meilleure mobilité permettrait-elle de rectifier le tir ? Pour les emplois qualifiés, sans doute, répondent les ONG sociales. Pour les chômeurs peu diplômés, une bourse européenne de l'emploi semble, en revanche, peu constructive.

D'ailleurs, combien de candidats sont-ils au départ ? 60 pc des travailleurs, selon l'Eurobaromètre de la Commission. A Bruxelles, les organisateurs de "Job Days Europe" sont plus évasifs : "Il y a un vrai manque d'information sur les opportunités existantes à l'étranger." Une trentaine d'entreprises sont attendues le 29 et le 30 septembre au Parlement bruxellois ainsi que quelque 2 000 demandeurs d'emploi.

"Un état d'esprit"

La ville a cependant décidé de privilégier une certaine dimension de la mobilité. "La mobilité, c'est avant tout un état d'esprit", explique-t-on. La priorité est donc de rapprocher deux mondes qui s'évitent : les Bruxellois pure souche et la communauté internationale présente dans la capitale européenne. D'un côté, comme de l'autre : candidats à l'emploi et employeurs sont attendus pour se rencontrer.

Vladimir Spidla n'en démord pas pour autant : il faut "faire connaître les avantages qu'un marché du travail libre apporte aux travailleurs". Informer de Leipzig à Athènes, en passant par Pécs et Tallin et promouvoir l'accès à Eures, le portail Internet pour l'emploi en Europe.

Les Etats membres ne voient pas forcément ça du même oeil. Depuis le dernier élargissement, en 2004, les anciens rechignent toujours à ouvrir leur marché aux travailleurs des dix nouveaux pays de l'Est. La Commission a beau rassurer, à grand renfort de statistiques, sur l'effet des flux migratoires de ces travailleurs venus de l'Est pour les autres pays, le Royaume-Uni et l'Irlande, qui n'avaient maintenu aucune barrière jusqu'à aujourd'hui, menacent de freiner l'arrivée des Roumains et des Bulgares après leur entrée en 2007.

© La Libre Belgique 2006