Le conseil des ministres a approuvé jeudi une modification du plafond annuel en-dessous duquel les étudiants jobistes peuvent travailler moyennant le paiement de cotisations sociales réduites.

Au-delà du plafond, des cotisations sociales sont dues au taux normal. Dans un souci de flexibilité, ce plafond est dorénavant calculé en heures de travail prestées et plus en jours. On prendra en compte 475 heures de travail et non plus 50 jours (400 heures ou 50 journées de huit heures). Le gouvernement justifie la réforme par la volonté d'introduire une plus grande souplesse, pour l'employeur et pour l'étudiant. Actuellement, si un étudiant preste 4 heures, on lui compte une journée. Or, l'étudiant est souvent appelé durant des pics de travail, par exemple de trois heures.

A l'avenir, seules ces trois heures compteront dans le calcul du plafond. Le gouvernement entend également mieux coller à la réalité des jobs saisonniers et au fait que dans l'horeca, le travail presté dépasse facilement les huit heures d'affilée. Le nouveau système entrera en vigueur le 1er janvier 2017. La ministre des Affaires sociales Maggie De Block mettra à jour à partir de cette date l'application Student@work qui permet aux étudiants de calculer leurs "jours favorables" restants via leur téléphone portable.

Par ailleurs, depuis le 1er juillet 2016, un étudiant peut également choisir son statut: étudiant ou travailleur occasionnel. Jusqu'ici, il devait travailler d'abord comme étudiant durant 50 jours avant de pouvoir oeuvrer comme occasionnel.

Enfin, le ministre Willy Borsus planche avec Mme De Block sur un statut social d'étudiant entrepreneur indépendant. Ce dernier ne serait pas redevable de cotisations sociales si ses revenus restent inférieurs à 6.505 euros, tout en conservant ses droits en soins de santé. En-dessous d'un certain montant de revenus (individuels, revenus des parents...), il resterait également à charge de ses parents.

Le Premier ministre Charles Michel s'est réjoui de ces avancées. "La création d'emplois et l'encouragement au travail restent le fer de lance de notre projet gouvernemental. Je me réjouis que ce gouvernement renforce la liberté de travailler et la flexibilité pour les étudiants et les entrepreneurs. Grâce au nouveau système, il sera plus facile d'engager des étudiants jobistes", a-t-il commenté.


Comeos satisfait de l'assouplissement, au contraire de la FGTB

La fédération du commerce et des services, Comeos, se dit satisfaite après la décision du gouvernement fédéral de modifier le plafond annuel en-dessous duquel les étudiants jobistes peuvent travailler moyennant le paiement de cotisations sociales réduites. La FGTB, par contre, craint une concurrence plus forte entre travailleurs fixes et jobistes. Dans un souci de flexibilité, ce plafond est dorénavant calculé en heures de travail prestées et plus en jours. On prendra en compte 475 heures de travail et non plus 50 jours (400 heures ou 50 journées de huit heures).

"Les étudiants sont très importants pour le secteur du commerce: en étant remplacés par des étudiants pendant les périodes de vacances, les collaborateurs peuvent prendre des vacances. Ils soulagent également les collaborateurs lors de pics, comme les fêtes de fin d'année ou les soldes", souligne le CEO de Comeos, Dominique Michel, tout en se réjouissant de la flexibilité accrue offerte par la nouvelle réglementation.

De son côté, le syndicat neutre pour indépendants (SNI) est lui aussi satisfait de l'instauration du calcul en heures, et non plus en jours, mais déplore que le plafond n'ait pas été fixé à 550 heures. "Dans plusieurs secteurs, il est permis de travailler pendant 11 heures par jour et il faudrait donc avoir un contingent de 550 heures pour arriver au même niveau qu'aujourd'hui (11 heures x 50 jours = 550 heures)", argumente le SNI.

La FGTB voit quant à elle d'un mauvais oeil la décision prise par le gouvernement, le syndicat socialiste craignant une augmentation de la concurrence entre les étudiants jobistes et les travailleurs fixes et "une flexibilité insoutenable pour les jeunes concernés".

La FGTB estime également qu'"au lieu flexibiliser encore davantage le travail étudiant, le gouvernement et les employeurs devraient prendre leurs responsabilités dans la lutte contre le travail au noir" alors qu'un étudiant sur cinq travaille sans contrat "et donc, sans protection sociale et sans sécurité sociale."