On a assisté à une ruée sur le titre KBC, jeudi, en Bourse de Bruxelles ! L’action du groupe financier a pris jusqu’à 23,84 % peu après l’ouverture des marchés. Même si, à la clôture, la hausse était un peu moins impressionnante, cela demeure une performance boursière peu commune, due à la publication de chiffres trimestriels largement supérieurs aux attentes. En l’occurrence, KBC a annoncé jeudi un bénéfice net de 302 millions d’euros au titre du deuxième trimestre 2009, alors que les analystes s’attendaient, en moyenne, à une perte de 346 millions. C’est donc une bonne surprise pour les observateurs du secteur financier. Et de quoi donner des regrets aux actionnaires qui avaient pris leurs bénéfices mercredi (le titre avait cédé plus de 6 % en clôture).

Pour parvenir à une aussi bonne performance, il n’y a pas de secret. KBC a tout simplement fait de meilleures affaires que lors des trois trimestres précédents, où le groupe belge avait chaque fois vu son compte de résultat plonger dans le rouge. Jan Vanhevel, le nouvel administrateur délégué de KBC, résume bien la situation : "Notre marge d’intérêt est restée constante, le climat d’investissement est resté positif et les clients, en Belgique et en Europe centrale, ont acheté davantage de produits d’investissement", a-t-il indiqué jeudi, lors d’une conférence de presse, à Bruxelles.

Grâce à cet environnement favorable, KBC a obtenu des revenus nets d’intérêts de 1,441 milliard d’euros, en hausse de 10 % par rapport au deuxième trimestre 2009. Cette collecte d’argent frais a permis à KBC de rendre indolore certains éléments exceptionnels redoutés, comme le coût de la garantie d’Etat. Le groupe financier avait obtenu cette garantie à la mi-mai contre une prime dépassant le milliard d’euros. Grâce à un actif d’impôts différé de 286 millions d’euros, cet élément exceptionnel pèse à concurrence de "seulement" 740 millions d’euros sur les chiffres du deuxième trimestre. Le crédit d’impôt, quant à lui, est dû à la lourde perte essuyée au premier trimestre.

Il y a aussi eu des provisions à hauteur de 700 millions d’euros, en raison de l’arrêt de certaines activités de transactions financières. Mais plusieurs revenus ont rassuré les dirigeants de l’institution financière. Les produits des commissions et des primes de courtage ont atteint 391 millions d’euros, contre 328 millions au premier trimestre. "Cela nous fait plaisir", a commenté Luc Philips, le directeur financier de KBC, "parce que ces revenus avaient diminué jusqu’à un niveau très faible. Ils sont intimement liés à la confiance des clients au point de vue des placements et des investissements. C’est donc le reflet d’un changement de comportement chez les clients."

KBC a également pu compter sur des primes d’assurances solides : 1,256 milliard d’euros au deuxième trimestre, contre 1,308 sur les trois premiers mois de 2009 mais 1,008 au deuxième trimestre 2008. Le groupe financier récolte aussi les fruits des efforts consentis dès la fin de l’année 2008 pour maîtriser ses coûts. Les dépenses opérationnelles sont restées stables, à 1,196 milliard d’euros (1,235 au premier trimestre et 1,314 un an plus tôt). "Il a fallu un certain temps avant que les mesures déjà annoncées l’année dernière apparaissent dans les comptes mais, en grande partie, nos estimations se sont bien traduites en chiffres", a analysé Luc Philips.

Mais KBC ne fanfaronne pas pour autant. Le groupe se refuse à émettre le moindre pronostic pour 2009 car, dans les prochains mois, il va décider de son avenir. Quel sera son nouveau périmètre ? On devrait le savoir fin novembre ou début décembre. Tout dépendra des négociations en cours, tant avec le gouvernement belge, devenu en quelque sorte le réassureur du groupe en mai dernier, qu’avec le gouvernement flamand, chacune de ces deux autorités possédant deux sièges d’administrateurs chez KBC. Et il faudra aussi tenir compte des remarques de la Commission européenne, qui attend le plan définitif relatif à la situation du groupe pour la fin du mois de septembre. Chez KBC, la rentrée sera décisive.