En dépit d'une tendance à la hausse des crédits douteux, KBC a notamment bénéficié d'une amélioration du climat sur les marchés des capitaux et de compressions de coûts pour sortir du rouge et réaliser un bénéfice net de 302 millions d'euros là où les analystes tablaient sur une nouvelle perte trimestrielle.

Le bénéfice net sous-jacent, c'est à dire hors éléments exceptionnels, de KBC a atteint 409 millions d'euros au deuxième trimestre, en baisse par rapport aux 465 millions d'euros du premier trimestre 2009. Au cours d'une conférence de presse jeudi, le nouveau CEO de KBC, Jan Vanhevel, a parlé d'un "sentiment confortable pour tous les collaborateurs de la banque".

La majeure partie du bénéfice sous-jacent a été réalisée en Belgique (289 millions d'euros), tandis que le deuxième marché de KBC, à savoir l'Europe centrale, orientale et la Russie, a contribué au bénéfice à hauteur de 71 millions d'euros.

Au cours des derniers mois, la bancassureur a pu profiter d'une augmentation des revenus d'intérêts de 7% en rythme annuel ainsi que de la bonne tenue des marchés financiers. L'embellie constatée ces derniers mois sur les marchés financiers a permis une progression des revenus de commissions de 19% par rapport au trimestre précédent.

"Elle a aussi mis un terme aux séries semestrielles de revalorisations négatives de CDO et de réductions de valeur sur portefeuilles d'actions", insiste KBC. Des réductions de coûts ont également soutenu le résultat de KBC au deuxième trimestre en faisant diminuer les charges d'exploitation à hauteur de 14% en rythme annuel. Au cours de l'année écoulée, 3.500 personnes ont quitté le groupe, dont une grande partie en Europe centrale. Quant aux pertes sur crédits, elles sont restées stables tant en Belgique qu'en Europe centrale.

En Belgique, à peine 0,14% du portefeuille de crédits a posé problème, contre 1,75% en Europe centrale. KBC précise toutefois que "les pertes s'aggravent notablement en ce qui concerne les crédits ailleurs qu'en Belgique et en Europe centrale, principalement l'exposition aux risques de crédit aux Etats-Unis (surtout titres hypothécaires), au Royaume-uni (risques d'entreprises) et en Irlande (surtout crédits hypothécaires résidentiels)".

KBC s'attend à ce que les pertes sur crédits augmentent encore au cours des prochains mois, les conséquences de la récession ne se faisant traditionnellement sentir sur le portefeuille de crédits qu'avec quelques mois de retard. Enfin, l'exposition de KBC aux CDO's a été réévaluée positivement, à hauteur de 1,3 milliard d'euros, en raison d'une nette amélioration des prix du marché des crédits aux entreprises.

KBC a également acheté une garantie d'Etat couvrant le risque de baisse de valeur de ses CDO's pour un coût de 1,1 milliard d'euros (0,7 milliard après impôts). KBC a aussi provisionné 300 millions d'euros en vue de réclamations de clients auxquels le bancassureur a vendu des CDO's. KBC prend aussi contact avec ses clients "private banking" afin de pouvoir trouver avec eux une solution. Au niveau des prévisions, KBC s'attend à une légère amélioration de la conjoncture économique mais la reprise ne devrait se faire que très progressivement.

KBC est par ailleurs en train de revoir sa stratégie afin de modifier le profil de risque du groupe. "Nous présenterons notre plan de restructuration à la Commission européenne en septembre et espérons pouvoir communiquer tous les détails à ce propos en septembre", a encore précisé Jan Vanhevel.