Les produits totaux ont chuté de 52,7%, à 112,6 millions d'euros, alors que l'ebitda ajusté est en diminution de 76,6%, pour atteindre 16,4 millions d'euros. In fine, Kinepolis essuie une perte nette de 29,7 millions d'euros au premier semestre.

"Nous avons pris la décision nous-mêmes de fermer nos cinémas avant la décision du Conseil national de sécurité", a rappelé Eddy Duquenne, CEO de Kinepolis. "Nous ne pouvions en effet pas garantir la sécurité de nos collaborateurs et de nos clients."

Le groupe, dont les résultats étaient en hausse jusqu'à l'apparition de la pandémie de Covid-19 -notamment grâce à ses performances aux Etats-Unis-, qui l'a donc contraint à fermer ses cinémas à la mi-mars, a pris différentes mesures pour limiter sa consommation de cash (pas de dividendes, négociations avec des fournisseurs, reports d'investissements, qui ont été limités au minimum...). Le personnel a aussi été mis au chômage économique dans les pays où cela était possible tandis que le groupe a négocié avec les propriétaires des cinémas qu'il loue pour réduire les loyers à payer. Des négociations qui ont permis d'économiser 3,9 millions d'euros au 2e trimestre.

Sa position de cash était très solide avant la crise, avec 195,6 millions d'euros disponibles, grâce à une politique de gestion très conservative, ce qui a permis d'aider Kinepolis à traverser cette période difficile. Les liquidités ont fait office de "bouteille d'oxygène" pour le groupe, a illustré son patron. La position en la matière au 30 juin était de 143,4 millions d'euros.

"Compte tenu des circonstances exceptionnellement difficiles, nous continuerons à suivre de près la situation de trésorerie de notre entreprise et la maîtrise des coûts qui y est associée évolue comme prévu. En d'autres termes, notre groupe sera en mesure de faire face à l'impact du coronavirus pendant longtemps encore", souligne Eddy Duquenne.

Jusqu'au 12 mars, la fréquentation pour l'ensemble du groupe était en hausse de 12%, avec une progression de 2,9% sur le marché belge. Une performance que Kinepolis attribue aussi à l'offre de films, qui a attiré le public dans ses salles.

Durant le mois de juin, les cinémas ont ensuite prudemment rouvert dans plusieurs pays (Pays-Bas, Suisse, Luxembourg, France, Espagne et une partie du Canada). Ce fut ensuite le cas de la Belgique, depuis le 1er juillet. Kinepolis s'attendait d'ailleurs à un assez bon été, avec certains films très attendus comme "Tenet" et le fait que de nombreux Belges sont restés au pays pour les vacances. C'était sans compter la limite initiale de 200 personnes maximum par salle qui est passée à 100, avec obligation du port du masque durant le film.

Aux Etats-Unis, les complexes du groupe sont, eux, toujours fermés et l'entreprise espère qu'une décision favorable tombera la semaine prochaine.

Vu le manque de nouveau contenu cinématographique et les mesures sanitaires toujours en place, Kinepolis indique recevoir cet été "un nombre de visiteurs assez limité, mais néanmoins prometteur". Il avoisine 20 à 25% du volume d'avant la crise. La fréquentation est aussi fonction de la météo, pointe Eddy Duquenne.

Kinepolis est présent dans neuf pays au total (Belgique, France, Canada, Espagne, Pays-Bas, Etats-Unis, Luxembourg, Suisse et Pologne), où l'entreprise exploite 110 complexes, dont la moitié lui appartient, et un total de 1.093 salles. Dans les mois et années à venir, près de 40 salles devraient venir s'y ajouter, aux Pays-Bas, en France et au Canada.