Les dirigeants de Kinepolis sont sans doute parmi les seuls à se réjouir de l'été pourri que nous connaissons actuellement. C'est en effet la bonne fréquentation de leurs salles obscures durant les mois de juillet et août - facilitée, il est vrai, par le succès de films tels que "Ratatouille" et "Harry Potter" - qui devrait permettre au groupe cinématographique belge de rattraper les mauvais résultats du premier semestre et de terminer l'année sur des résultats similaires à ceux de 2006.

Comme on pouvait s'en douter depuis l'avertissement sur résultat publié par le groupe en juin dernier, le premier semestre 2007 de Kinepolis a, quant à lui, été plutôt mauvais, du moins en ce qui concerne la fréquentation. Durant les six premiers mois de l'année, cette dernière a chuté de 9 pc par rapport à la même période l'année passée (-6 pc en Belgique). Deux raisons principales à cette baisse : une offre de films faiblarde et une météo clémente durant le printemps.

Places plus chères

Cela dit, le groupe belge est parvenu à limiter la casse au niveau financier puisque dans le même temps, son chiffre d'affaires n'a baissé que de 2,1 pc, à 100,1 millions d'euros, tandis que son bénéfice net a même progressé de 9 pc pour atteindre 8,17 millions d'euros. Le résultat opérationnel est, lui, en baisse, passant de 13,6 millions d'euros au premier semestre 2006 à 11,5 millions durant la même période cette année.

Kinepolis est parvenu à diminuer l'impact de la chute des revenus générés par la vente de tickets de trois manières. Premièrement, par une hausse des prix des places : en moyenne, ceux-ci sont passés en un an de 5,37 € à 5,57 € (de 5,87 € à 6,02 € en Belgique). Deuxièmement, par une forte augmentation des revenus liés à la vente d'alimentation et de boissons, qui représente désormais 22 pc des revenus du groupe. Troisièmement, par une progression des activités dites "business to business".

Deux autres bonnes nouvelles : les revenus immobiliers du groupe ont enregistré une croissance de 15 pc, et par ailleurs, Kinepolis a payé beaucoup moins d'impôts durant le premier semestre 2007, grâce à une fiscalité plus favorable en Belgique et en Espagne.

Encore des projets

Concernant la décision de la cour d'appel de Bruxelles de maintenir les restrictions imposées à Kinepolis depuis 2007 en vue d'empêcher une position dominante sur le marché belge des cinémas (LLB du 24/08), l'administrateur délégué Joost Bert s'est montré plutôt agacé.

"Ces restrictions ne nous ont pas empêchés d'ouvrir des nouveaux complexes à Bruges, à Ostende et bientôt à Liège, en réduisant le nombre de sièges sur d'autres sites", affirme-t-il. "Elles ne nous empêchent pas non plus de travailler sur des projets concrets en Espagne, en France, mais aussi en Belgique. Cela dit, je n'en dirai pas plus car dès que je dis quelque chose, nos concurrents s'empressent d'exploiter nos déclarations. A l'avenir, nous ne dirons plus rien".

Vendredi, l'action Kinepolis a clôturé à 44,75 euros sur Euronext Bruxelles (+0,26 pc).