Louée comme une des sociétés les plus prometteuses de la nouvelle économie, KPNQwest, spécialisé dans la transmission de données et l’internet par le câble, a demandé vendredi à la justice néerlandaise sa mise en faillite.

«Les administrateurs judiciaires et la direction de KPNQwest ont dû demander au tribunal de Haarlem de convertir le dépôt de bilan (déposé la semaine dernière) en mise en faillite », a indiqué vendredi la direction de KPNQwest dans un communiqué.

La chute est rude pour le premier opérateur européen de réseau de fibre optique créé en pleine euphorie de l’internet en novembre 1998. Depuis, la société commune des opérateurs néerlandais KPN et américain Qwest avait installé près de 25.000 kilomètres de fibres optiques à travers 18 pays d’Europe.

En avril dernier, le groupe lançait cependant un avertissement sur bénéfices face au ralentissement de la demande pour ses services.

La semaine dernière, KPNQwest devait déposer son bilan en annonçant ne plus pouvoir faire face à ses obligations financières. Le groupe est confronté à un endettement de 1,8 milliard d’euros.

Pour tenter de trouver une solution à ses problèmes financiers, KPNQwest avait lancé des négociations avec d’autres opérateurs. Au menu des discussions, une vente de participations non essentielles et une reprise de l’ensemble de KPNQwest par un des ses concurrents.

Vendredi, la direction de la société annonçait l’échec des «efforts pour vendre une partie des activités non-essentielles afin d’obtenir suffisamment de liquidités pour faire face aux obligations de la compagnie ».

KPNQwest a cependant précisé continuer à négocier. «Il est encore possible qu’une partie substantielle de KPNQwest soit vendue », précise le communiqué du groupe.

La semaine dernière, les opérateurs américains Verizon et AT&T, britanniques BT et Cable and Wireless ainsi que l’espagnol Telefonica avaient été cités par la presse comme de possibles repreneurs.

Selon le Wall Street Journal (WSJ), l’américain AT&T figurait en tête de liste de possibles repreneurs.

En attendant, KPNQwest a indiqué poursuivre ses efforts pour trouver avec ses clients des solutions d’urgence, afin que ceux-ci puissent assurer la continuité de leurs services au cas où la situation actuelle provoquerait des irrégularités, voire l’arrêt du réseau KPNQwest EuroRings.

BT Ignite, une filiale de BT, a déclaré vendredi être «prête à mettre l’ensemble de ses services de communications à la disposition des clients de KPNQwest afin de pallier, dans la mesure du possible, aux incertitudes auxquelles ils doivent faire face ».

KPNQwest compte parmi ses clients la compagnie aérienne KLM, la société boursière Euronext ou le groupe informatique américain Dell.

Un porte-parole de KLM joint par l’AFP a indiqué qu’une faillite de KPNQwest n’aurait pas de conséquences pour la compagnie aérienne.

«Nous utilisons le réseau de KPNQwest, mais nous avons un contrat qui nous lie directement à la société-mère KPN, ce qui veut dire qu’en cas de problème, c’est KPN qui nous fournit une solution », a affirmé ce porte-parole, Frank Houben.

«Au cas où il il y en aurait un (problème) malgré tout, nous enclencherons SITA, qui est un système de back-up utilisé par l’ensemble de l’industrie aéronautique », a-t-il ajouté.

«Pas de conséquences pour Euronext. Nous sommes clients de ATOS-Euronext qui est elle-même cliente chez KPN, qui utilise la technologie de KPNQwest, mais KPN nous a déjà assuré d’une solution. Pour nous, c’est donc ++business as usual++ », a pour sa part indiqué à l’AFP une porte-parole d’Euronext Amsterdam, Alice Jentink.

Les juges de Haarlem devront décider de la mise en faillite et détermineront les conditions de celles-ci.