Un tout petit espoir dans le ciel bien sombre de l'opérateur de fibre optique KPNQwest: ce dernier, tombé en faillite, a annoncé être parvenu à un accord avec ses clients et ses fournisseurs afin de maintenir son réseau en activité jusqu'à la fin du mois de juin et si nécessaire jusqu'à fin juillet.

L'objectif de la manoeuvre est double: d'une part maintenir en activité le réseau afin de conserver des chances de pouvoir le céder, d'autre part permettre aux clients de KPNQwest de se retourner et de trouver des solutions alternatives auprès d'autres opérateurs. Soucieux d'assurer la continuité du service à la clientèle, KPN a d'ailleurs signé des contrats avec d'autres opérateurs tels que Colt Telecom ou Infonet pour que ceux-ci prennent en charge le trafic de certains gros clients. `Pour nous, cela représente tout de même une trentaine de tous gros comptes´, explique Richard Oosterom, le patron de Colt dans le Benelux. C'est également KPN, co-actionnaire de KPNQwest avec l'Américain Qwest, qui met actuellement la main au portefeuille et débourse pas moins de 500000 € par jour pour maintenir en vie ce réseau. Un réseau composé de près de 25000 kilomètres de fibre optique à travers 18 pays d'Europe.

Un des liquidateurs judiciaires de KPNQwest est parti hier aux Etats-Unis dans le cadre des négociations de reprise des activités de l'opérateur tombé en faillite. Le nom du géant américain AT&T a en effet été cité comme l'un des candidats possible à la reprise de KPNQwest au même titre que Verizon, BT, Cable and Wireless, Telefonica ou Deutsche Telekom. Mais de l'avis de nombreux observateurs, KPNQwest ne devrait pas être repris dans sa globalité mais plutôt être vendue `par morceaux´ à différents opérateurs. Chez Colt Telecom par exemple, on se montre clairement intéressés par certains de ces `morceaux´. `Nous sommes toujours à la recherche de possibilités d'expansion´, affirme Richard Oosterom.

Quid de la filiale belge?

La filiale belge de KPNQwest située à Hoeilaart - centre opérationnel du réseau international - devrait aussi susciter certaines convoitises. La RTBF évoquait mercredi sur ses ondes les noms de Belgacom et de la... SNCB comme possibles repreneurs. Pas de confirmation officielle du côté des deux entreprises. `Nous n'avons pas pour habitude de faire de commentaire sur des rumeurs de reprise. Citer notre nom dans le cadre de ce dossier est très spéculatif´, se contente-t-on de dire du côté de Belgacom. `Il est prématuré de se prononcer sur un intérêt éventuel. Nos services spécialisés suivent la situation de KPNQwest de près. Mais nous sommes dans une phase transitoire au niveau des structures et la SNCB doit d'abord se repositionner en interne. Nous pourrons ensuite examiner ce qu'il est possible ou non de faire´, précise-t-on à la SNCB. La SNCB a noué depuis plusieurs années des relations commerciales avec certains opérateurs, dont KPNQwest. La SNCB dispose en effet de son propre réseau de câbles à fibres optiques - 3380 kilomètres de câbles au total - utilisé en grande partie pour ses besoins propres mais dont elle loue certaines capacités excédentaires à des opérateurs.

En attendant une reprise, le personnel de KPNQwest a poursuivi jeudi à Hoeilaart son action de grève. Une grève qui pourrait entraîner des perturbations sur le réseau européen de KPNQwest.

© La Libre Belgique 2002