Le temps des grandes opérations d’acquisitions et de fusions est bel et bien revenu. C’est dans cette perspective marquée par des taux d’intérêt au plancher que le groupe américain Kraft Foods a lancé lundi une offre d’achat formelle en numéraire et actions au confiseur britannique Cadbury, aussitôt rejetée car l’Américain reprend les mêmes termes que ceux déjà repoussés en septembre par le Britannique.

En effet, avec l’évolution du taux de change et du cours de l’action Kraft, l’offre ne représente plus que 717 pence par action Cadbury contre 745 pence en septembre, soit un total de 9,8 milliards de livres (11 milliards d’euros) contre 10,2 milliards en septembre, au cours de Kraft vendredi à la Bourse de New York. Kraft continue à proposer 300 pence et 0,2589 action Kraft par action Cadbury. Dans le communiqué, Kraft assure pourtant que son offre représente "une prime substantielle" par rapport au prix de Cadbury avant les rumeurs d’intérêt de Kraft, notamment 37 % sur son prix au 3 juillet avant que de premiers analystes n’évoquent une fusion, et 26 % sur le prix de clôture de Cadbury juste avant la proposition informelle publiée le 7 septembre.

Irene Rosenfeld, le PDG de Kraft, indique par ailleurs que son groupe est "toujours convaincu des mérites stratégiques pour les deux entreprises d’une alliance entre Kraft Foods et Cadbury". "Nous pensons que notre proposition offre la meilleure valeur, immédiate et de long terme, pour les actionnaires de Cadbury et pour l’entreprise elle-même, en comparaison de toute autre option actuellement disponible, y compris celle de l’indépendance de Cadbury", écrit-elle.

Trois quarts d’heure après l’annonce de Kraft, Cadbury l’a sèchement rejetée, notant qu’elle était "pire que celle déjà rejetée par le conseil d’administration comme sous-évaluant fondamentalement le groupe et ses perspectives". Evidemment, cette offre est essentiellement différente de la précédente en ce sens qu’elle est cette fois directement adressée aux actionnaires de Cadbury. Le ton est différent cette fois puisqu’il force les dirigeants du groupe britannique à prendre les devants et à empêcher leurs actionnaires de céder aux appels du groupe américain. On devrait donc assister très vite à des échanges peu amènes entre les dirigeants des deux groupes, et à une présentation des scénarios envisagés par ces derniers pour créer de la valeur pour les détenteurs de leur capital. Mais clairement, la balle est dans le camp des Anglais. (avec AFP)