L'avion gros porteur A380 d'Airbus, dont les retards de production ont plongé Airbus dans la crise, n'est pas encore "tiré d'affaire", a déclaré le futur patron de l'avionneur européen Thomas Enders au magazine Focus paru lundi.

Le prochain grand test sera le passage à la production en série. "Nous ne pouvons pas nous permettre de bévue pendant la montée en puissance", a déclaré l'Allemand, qui prendra seul les commandes d'Airbus en octobre, tandis que le Français Louis Gallois deviendra l'unique président de l'exécutif de la maison-mère EADS. A partir de 2010, ce sont 45 avions géants par an, capables de transporter jusqu'à 840 passagers dans la version charter, qui doivent sortir des chaînes de montage.

Le premier appareil doit être livré en octobre 2007 à la compagnie Singapore Airlines, avec un an de retard sur le programme initial.

L'abandon de la direction bicéphale au sein d'EADS doit lui permettre de gagner en efficacité et d'atténuer les frictions franco-allemandes qui empoisonnent le groupe depuis sa naissance.

Thomas Enders garde confiance dans les capacités de travail en commun de l'entreprise: "La coopération franco-allemande fonctionne mieux que ce que certains pensent ou écrivent", a-t-il assuré. "Notre seule chance de résister à la concurrence est de rester unis."

La tâche dont doit désormais s'acquitter Thomas Enders est très lourde, alors que l'avionneur a déjà usé cinq présidents en deux ans. Il devra mettre en oeuvre le plan d'économies Power8, qui prévoit la suppression de 10.000 emplois et la vente de plusieurs usines, et faire face à l'hostilité des syndicats, surtout français. Ses déclarations en faveur d'un retrait de l'Etat du capital d'EADS ne l'ont pas non plus rendu populaire à Paris. "Je sais qu'il y a des réserves contre ma personne en France, également chez les syndicats", a-t-il admis dans l'entretien. "Mais je ne suis pas payé pour être diplomate, je dois diriger une entreprise", a-t-il conclu.