Les dirigeants du G7 ont annoncé un accord “historique” en vue d’instaurer un taux minimal d’imposition des multinationales de minimum 15 %, ainsi qu’un système de taxation spécifique touchant “les multinationales les plus grandes et les plus rentables” mais les experts craignent qu'Amazon n'échappe quand même à l’impôt. 

Les deux "piliers" de l'accord obligeraient les entreprises à payer un pourcentage de leurs bénéfices sur les marchés où elles réalisent des ventes importantes malgré une présence minimale des entreprises , ainsi qu'à établir un impôt sur les sociétés minimum mondial sans précédent.

Cependant, un communiqué des ministres du G7 suggère que le premier pilier ne s'appliquerait qu'aux "bénéfices dépassant une marge de 10% pour les entreprises multinationales les plus grandes et les plus rentables", une restriction qui pourrait exclure Amazon.

Amazon est l'une des plus grandes entreprises au monde, avec une valeur de marché de 1,6 milliard de dollars et un chiffre d'affaires de 386 milliards de dollars en 2020. Une filiale luxembourgeoise n'a payé aucun impôt sur les sociétés en 2020 sur un chiffre d'affaires de 44 milliards d'euros en Europe, faisant d'Amazon l'exemple parfait pour les hommes politiques qui souhaitent changer le système fiscal mondial.

Cependant, sa marge bénéficiaire en 2020 n'était que de 6,3 % puisque l'entreprise gère son activité de vente au détail en ligne avec des marges bénéficiaires très faibles, en partie parce qu'elle réinvestit massivement et en partie pour gagner des parts de marché.

Richard Murphy, professeur invité de comptabilité à l'école de gestion de l'Université de Sheffield, a déclaré que le seuil de 10 % de bénéfices était "inapproprié" en raison de modèles commerciaux différents pour différentes entreprises.