Heathrow, l'un des hubs mondiaux et l'aéroport d'ordinaire le plus fréquenté en Europe, a dévoilé mercredi dans un communiqué une perte après impôts de 1,1 milliard de livres (1,2 milliard d'euros) au cours du premier semestre.

Son chiffre d'affaires a été divisé par deux sur la période, conséquence du brutal coup d'arrêt subi par le transport aérien pendant les longues semaines de confinements et de fermetures des frontières au printemps face à la pandémie.

Le nombre de passagers s'est effondré de 96% au deuxième trimestre. Le groupe prévoit un rebond grâce à la reprise progressive des vols mais il s'attend à un trafic en 2020 60% plus faible qu'en 2019.

"Ces résultats devraient faire office de sonnette d'alarme pour le gouvernement. Le Royaume-Uni a besoin d'un dispositif de tests pour les passagers, et vite", martèle John Holland-Kaye, directeur général de l'aéroport.

Cette pratique a déjà été adoptée par l'Allemagne et la France qui vont imposer des tests de dépistage du Covid-19 pour les voyageurs revenant de région à risque.

Pour le patron d'Heathrow, c'est le seul moyen d'assurer une reprise du trafic aérien, perturbée selon lui par les quarantaines imposées par le gouvernement britannique à certains pays, dont l'Espagne depuis dimanche.

Sans les tests, "le Royaume-Uni joue simplement à la roulette de la quarantaine" et "comme beaucoup de clients en ont fait l'expérience, il est difficile de prévoir des vacances dans ces conditions, sans parler de gérer une entreprise", souligne M. Holland-Kaye.

Face à cette déprime du transport aérien, Heathrow doit se serrer la ceinture et a annoncé des économies d'au moins 300 millions de livres et des annulations ou des pauses dans des projets pour plus de 650 millions de livres.

L'aéroport, qui emploie directement 7.000 salariés, a déjà lancé un plan de départs volontaires, sans le chiffrer, et a réduit d'un tiers son personnel d'encadrement.

Au total, 76.000 personnes travaillent à Heathrow, pour le compte de 400 entreprises, dont les compagnies aériennes.

La pandémie et une bataille judiciaire ont en outre contraint Heathrow à reporter d'au moins deux ans son très controversé projet d'agrandissement, prévoyant la construction d'une troisième piste.

Le 27 février, la justice britannique a donné raison aux écologistes qui contestaient le projet mais Heathrow a fait appel devant la Cour suprême.