L'agence de notation américaine S&P Global Ratings a indiqué mardi qu'elle pourrait à moyen terme abaisser la note du constructeur aéronautique Boeing, englué dans la crise du 737 MAX, immobilisé au sol depuis sept mois après deux accidents mortels.

Si l'agence a maintenu la note d'endettement du groupe à "A", elle a abaissé sa perspective d'évolution de "stable" à "négative".

Les récentes informations "selon lesquelles Boeing pourrait avoir induit en erreur la FAA (le régulateur américain de l'aviation, NDLR) sur les problèmes affectant le logiciel MCAS du 737 MAX (...) pourraient avoir des effets importants sur la position concurrentielle et financière de l'entreprise", justifie S&P Global Ratings dans un communiqué.

Des échanges entre deux pilotes de Boeing, révélés vendredi, suggèrent que le système automatique, le MCAS, qui devait empêcher l'avion de partir en piqué et est mis en cause dans les accidents de Lion Air du 29 octobre 2018 et d'Ethiopian Airlines du 10 mars dernier, le rendait difficile à piloter en simulateur.

Boeing était au courant de l'existence de ces messages depuis plusieurs mois et les avait transmis au département de la Justice (DoJ) en février, selon une source proche du dossier.

Mais le département des Transports et les élus américains n'en ont pris connaissance que jeudi dernier.

"L'impact le plus probable (de ces derniers développements) est que cela pourrait retarder l'approbation du logiciel révisé par la FAA et d'autres régulateurs mondiaux en raison de pressions politiques", avance l'agence.

"Un délai supplémentaire considérable pourrait obliger Boeing à réduire ou à suspendre la production du MAX, ce qui permettrait d'économiser de l'argent à court terme mais risquerait de perturber la chaîne logistique et réduirait probablement la rentabilité à long terme du programme", ajoute-t-elle.

S&P Global Ratings souligne qu'elle pourrait revenir sur son appéciation si Boeing reprend ses livraisons du 737 MAX, augmente notamment sa production à 57 appareils par mois et qu'elle évite de trop importantes annulations de commandes.