La participation européenne au programme lunaire américain Artemis, qui doit voir le retour sur la Lune en 2024, se concrétise notamment par la signature d'un contrat avec Airbus pour la construction du troisième module de service européen du véhicule spatial américain Orion, a annoncé l'ESA dans un communiqué en marge du 71ème Congrès astronautique international qui se tient virtuellement.

Le constructeur européen se voit également attribuer le développement d'un projet d'atterrisseur lunaire, EL3. Lancé par Ariane 6, il sera chargé de transporter "jusqu'à 1,7 tonne de fret vers n'importe quel endroit de la surface lunaire", selon Airbus. Trois à cinq missions sont prévues par l'ESA.

Le projet lunaire prévoit également la construction d'une station spatiale, la "Lunar Gateway". Les Etats-Unis prévoient d'assembler la Gateway, qui orbitera autour de la Lune, à partir de 2023. Elle servira de laboratoire et de point d'étape pour les astronautes en route vers la Lune.

Plus petite que la station spatiale internationale (ISS), elle n'a pas vocation à être occupée de façon permanente mais pourra accueillir jusqu'à 4 astronautes.

Boudé par la Russie, le projet fait l'objet d'un partenariat entre Américains, Européens, Canadiens et Japonais.

Thales Alenia Space (TAS), spécialisé dans les modules spatiaux pressurisés, a été chargé de développer le module d'habitation I-HAB de cette station.

La première tranche du contrat signé par l'ESA pour ce module s'élève à 36 millions d'euros pour un montant global de 327 millions, précise la société commune entre le français Thales et l'italien Leonardo dans un communiqué.

TAS est également chargé de la conception du module Esprit de communication et de ravitaillement de la future station. Le contrat, qui doit être formellement notifié prochainement, s'élève à 295 millions d'euros.

La société doit également fournir pour l'américain Northrop Grumman la structure du module logistique et d'habitation Halo, l'un des premiers à constituer la Gateway.

L'italien Leonardo est pour sa part chargé du laboratoire miniature embarqué à bord de l'atterrisseur lunaire russe Luna-27, selon l'ESA.

S'agissant de Mars, l'exploration "sera marquée par la campagne internationale de retour d'échantillons de Mars (Mars Sample Return)", ajoute-t-elle.

L'agence européenne a ainsi chargé Airbus de développer l'astromobile, le "Sample Fetch Rover", qui ramassera les échantillons prélevés sur Mars par le robot américain Perseverance, qui a décollé fin juillet.

Airbus sera par ailleurs chargé de construire la sonde (Earth Return Orbiter) qui rapportera en 2031 les échantillons sur Terre. La valeur de ce contrat est de 491 millions d'euros.