Fleuriste. Le métier renvoie à toutes sortes d’images, de couleurs et de parfums, aux événements qui jalonnent une vie, heureux ou moins heureux. C’est ce métier que Charlotte Bartholomé a choisi d’exercer. Avec un certain succès puisqu’elle vient de remporter - avec son équipier pour l’occasion, Sören Van Laer - une médaille d’or en art floral à la 3e édition d’Euroskills, championnat européen des métiers techniques et manuels, qui s’est tenu à Spa-Francorchamps du 4 au 6 octobre.

Cette médaille, elle en est bien sûr très fière. "C’est une victoire personnelle. Participer au concours était un défi. Mais c’est aussi une façon de montrer aux gens que notre travail est quelque chose de sérieux. Participer à une compétition comme Euroskills est l’occasion de défendre des métiers manuels qui sont encore trop souvent dévalorisés", raconte la jeune femme, qui a vécu la compétition comme "une superbe expérience. Pour l’exploit technique car on n’avait pas beaucoup de temps pour l’épreuve. Il fallait parvenir à faire quelque chose de spécial sans bâcler le travail. Ce fut une expérience intéressante, pour le côté humain aussi. Ce fut très enrichissant. Par les rencontres et la solidarité dans l’équipe belge. Même si nous n’étions que deux filles !".

C’est son amour pour la nature et son besoin de créativité qui ont poussé Charlotte Bartholomé à choisir cette voie. "J’ai fait des études de latin-langues au collège à Soignies. Après ma rétho, j’ai voulu faire quelque chose de plus créatif." Sa formation, elle l’a faite en alternance à l’IFAPME, mêlant cours et stages. "Il n’y a pas grand-chose d’autre comme formation en Belgique", regrette la jeune femme de 23 ans, qui a complété son cursus par une année à Gand. "Là, c’était plus de l’art floral. On apprenait à réaliser des compositions très artistiques."

Installée comme indépendante, Charlotte Bartholomé travaille à gauche et à droite suivant la demande. "J’ai des commandes personnelles, je participe à des événements, comme des mariages par exemple, C’est très varié. Ce qui est passionnant, c’est qu’il faut chaque fois recommencer quelque chose de neuf, avec d’autres fleurs ou d’autres matières. Nous sommes amenés à réaliser des compositions très classiques ou complètement farfelues."

Le métier est cependant assez contraignant. "Pour les horaires notamment. Il faut se lever tôt si l’on veut aller à la criée et il faut parfois travailler tard, entre autres les soirs de fête, comme la Noël. Et puis, on ne peut pas travailler à l’avance. De même, il ne faut pas se tromper dans les commandes, car tout est périssable."

La jeune fleuriste compte ouvrir prochainement sa boutique, du côté d’Ath. "J’ai déjà trouvé un endroit. Je commence bientôt les travaux. Un nom ? J’ai quelques idées mais je réfléchis encore."