Un tribunal de La Haye (Pays-Bas) a ordonné ce mercredi des poursuites à l'encontre du directeur général du géant suisse UBS, Ralph Hamers (53 ans), pour blanchiment d'argent lorsqu'il était à la tête de la banque néerlandaise ING. Il est accusé d'avoir manqué à ses obligations dans la lutte contre le blanchiment d'argent au sein de la banque néerlandaise.

En 2018, lorsqu'il dirigeait ING, la banque néerlandaise a été contrainte à conclure un accord avec les autorités néerlandaises afin de régler le litige autour d'usages frauduleux de ses comptes. Le règlement engageait ING à verser 775 millions d'euros aux autorités néerlandaises.

Ralph Hamers a ensuite rejoint UBS en septembre avant de prendre en novembre ses fonctions à la tête de la banque suisse. UBS le décrivait alors comme le "bon directeur général pour guider notre société vers le prochain chapitre."

UBS maintient sa confiance en Ralph Hamers

La cour d'appel de La Haye a estimé dans un communiqué qu'il y a "assez d'éléments pour des poursuites efficaces à l'encontre de cet ancien directeur qui est de facto responsable des infractions pénales commises par ING. Les faits sont graves, aucun accord n'a été conclu avec le directeur lui-même et il n'a pas non plus pris publiquement ses responsabilités."

Dans un communiqué, la banque UBS précise qu'elle "prend note de la décision du tribunal néerlandais d'ordonner au procureur d'ouvrir une enquête contre Ralph Hamers en sa qualité d'ancien président-directeur général d'ING concernant le respect par ING des réglementations anti-blanchiment."

"UBS a pleinement confiance dans la capacité de Ralph Hamers à diriger UBS", a ajouté la banque suisse.

Le ministère public néerlandais, qui avait ouvert une enquête pénale en 2017, avait jugé ING coupable de "sérieux manquements dans la prévention du blanchiment d'argent". ING a, en septembre 2018, démis de ses fonctions son directeur financier Koos Timmermans, après l'annonce du règlement de litige.

Le tribunal de La Haye a déclaré mercredi dans un communiqué juger "important que dans un procès public", il soit établi que "les directeurs d'une banque ne peuvent être blanchis s'ils ont de fait dirigé des comportements illicites. Le citoyen doit pouvoir constater que de tels actes ne sont pas non plus acceptés par le gouvernement."