"La Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés) a débuté des investigations concernant le site tiktok.com et l'application TikTok dès le mois de mai 2020", a précisé mardi un porte-parole du régulateur à l'AFP.

A cette époque, une plainte avait été déposée portant sur "une demande de suppression d'une vidéo" et "le plaignant a été invité à exercer ses droits" directement auprès de Tiktok.

Mais le régulateur a depuis poursuivi ses investigations et "examine notamment la question de l'établissement de TikTok dans l'Union européenne".

Propriété de la start-up chinoise ByteDance, TikTok avait annoncé en début d'année l'installation d'un centre régional en Europe, localisé à Dublin, ce qui désignerait l'autorité irlandaise de régulation des données comme "l'autorité cheffe de file" pour les futures investigations européennes.

La Cnil a par ailleur signalé qu'elle étudiait les conditions du respect, lors de cet établissement en Irlande, du RGPD, le règlement européen sur la protection des données.

Enfin, la Cnil a relevé d'autres "points d'attention", dont "les problématiques d'information des personnes, celles des modalités d'exercice des droits, les flux hors de l'UE, les mesures prises à l'égard des mineurs", a-t-elle ajouté.

TikTok a annoncé début août sa volonté d'installer également son premier centre informatique en Irlande, pour stocker les données des utilisateurs européens, représentant un investissement d'environ 420 millions d'euros.

Cette annonce survient à un moment où l'application, très populaire auprès des jeunes, est au coeur de tensions économiques et diplomatiques entre la Chine et les Etats-Unis.

Le président américain Donald Trump a mis la pression au groupe chinois ByteDance pour qu'il vende avant la mi-septembre TikTok à Microsoft ou à une autre société américaine, sous peine de ne plus pouvoir opérer aux Etats-Unis. Washington accuse depuis des mois TikTok d'être utilisée par les services de renseignement chinois à des fins de surveillance.

La plateforme a toujours fermement nié tout partage de données avec les autorités chinoises et rappelle que ses centres de données sont situés hors de Chine.