Les commerçants ne voient pas d'un très bon oeil la reprise de Banksys par la société française Atos Origin, annoncée jeudi. «L'introduction du SEPA (NdlR: Single Euro Payments Area ou l'espace unique de paiements en euro) qui doit être une réalité en 2008, n'est pas étrangère à cette reprise», estime la Fedis, la fédération belge des entreprises de distribution.

«Le fait que de nombreux détaillants, surtout ceux de moindre taille, argumente Baudouin Velge, l'administrateur délégué de la Fedis, dans une carte blanche envoyée à certains journaux, ne disposent pas encore d'un terminal de paiement, indique que le système est encore trop onéreux pour eux». Or, ajoute le porte-parole des commerçants, l'introduction du SEPA semble toutefois prendre le chemin inverse: «Des paiements électroniques moins rapides qui risquent en outre de coûter plus cher».

Les banques ont récemment décidé de remplacer Bancontact/ MisterCash par des schémas de paiement internationaux dans le courant de 2008. La transition vers la carte de débit Maestro constituera la première phase dans notre pays. Les commerçants s'en inquiètent. «Tout d'abord, il n'y a aucune garantie qu'à court terme, l'adaptation éventuelle des terminaux et des logiciels se fera sans problème et sans frais», explique Baudouin Velge. A plus long terme, la disparition d'un certain nombre d'acquis en matière de tarification est aussi à craindre. Et le patron de la Fedis de détailler: «Le schéma de paiement Ban- contact/MisterCash est basé en toute logique sur une tarification forfaitaire par transaction. Avec le schéma Maestro, le commerçant se verrait donc imputer par transaction un pourcentage du montant payé par le client. Ce pourcentage oscille aujourd'hui entre 0,55 et 1,15 pc en Europe».

D'après la Fedis, Maestro semble revenir substantiellement plus cher que les précédents schémas nationaux.

«Au Royaume-Uni, par exemple, les coûts ont augmenté de 60 pc pour les commerçants!» Si ce scénario se confirme, conclut M. Velge, «la distribution risque d'être lésée par le SEPA. Le petit commerçant décrochera complètement, tandis que des tarifs plus élevés menacent le client». Pour le patron de la Fedis, «tout recul par rapport à la situation actuelle est inacceptable».

© La Libre Belgique 2006