Ce lundi soir, les Diables Rouges entrent en scène à Lyon pour y disputer leur premier match contre l’Italie. A leur tête, un certain Marc Wilmots. L’occasion rêvée de demander d’analyser l’image qu’il véhicule sur Internet à Vincent Pittard, fondateur en 2014 de l’agence de communication Réputation 365. Celle-ci aide ses clients à construire et/ou maîtriser leur image sur la Toile.

"Marc Wilmots a une bonne e-réputation car il a bonne réputation", déclare-t-il d’entrée de jeu. "L’e-réputation ne se décrète pas. Cela ne doit pas être un décor de théâtre, cela doit vraiment être le miroir d’une identité réelle." Et une identité réelle, une image, une histoire, un rôle-clé, une surface médiatique immense, Marc Wilmots les a, évidemment.

Combatif, charismatique

Il est le "taureau de Dongelberg", du nom du village où il est né, près de Jodoigne. On le surnommait ainsi quand il était joueur, combativité oblige. "On a le sentiment qu’il a toujours été comme cela et qu’il l’est encore aujourd’hui", analyse Vincent Pittard. "Il incarne vraiment cette image des Diables Rouges. Il est au combat, contrairement à d’autres sélectionneurs ou entraîneurs qui sont peut-être plus discrets. Il a un vrai charisme et je pense que quand il entre dans le vestiaire, c’est lui le patron. Son image numérique, c’est la même chose : quand il parle, c’est lui le patron aussi." Et d’ajouter : "Il a peut-être parfois un aspect un peu brut de décoffrage, mais c’est une espèce de rouleau compresseur de communication. Il n’a pas besoin de beaucoup d’artifices de com’. Chez lui, c’est naturel. Il incarne vraiment cette équipe."

Sur Internet, les articles se succèdent au fil de l’actualité. Les commentaires qui les accompagnent et les partages et discussions sur Twitter peuvent être incisifs ou critiques par rapport à certains de ses choix stratégiques - "Chacun a son avis et peut le donner à l’heure des réseaux, c’est ce que la France appelle, à chaque compétition, ses 60 millions de sélectionneurs…" - mais ne remettent pas en cause sa légitimité. "C’est facile de dire après qu’il aurait dû faire ça ou ça. Marc Wilmots trace son sillon. Il ne se laisse pas influencer. Il a sa vision, sa crédibilité en tant qu’ancien joueur. Il a une personnalité forte, qu’on perçoit très vite." Et puis, il a déjà mené les Diables en quarts de finale de la dernière Coupe du monde. "Il a montré ses capacités de leadership et de cohésion d’une équipe qui est au départ une somme d’individualités." En un mot, il a fait ses preuves. Et cela se voit. Finalement, "l’e-reputation, c’est la première impression qu’on se fait de quelqu’un sur le Net et tout, ici, est assez cohérent."

Twitter et Facebook : que du factuel

Depuis qu’il est entraîneur de l’équipe nationale belge et sélectionneur, il parle davantage de son action et de sa mission que de sa vie privée. "Avoir des informations privées sur Internet, ce n’est pas le problème, le tout est de les maîtriser. Je pense que lui, les assume, ce ne sont pas des infos volées. Il est franco, son image n’est pas trop lisse. Il parle avec naturel des choses plus difficiles. C’est cela qui crée cette image attachante. Les gens peuvent se projeter." Quant à Twitter (où il a plus de 300 000 followers) et Facebook, cela semble être moins son truc. "On y reste dans le factuel, dans l’info plus institutionnelle, pas dans l’échange. On n’y retrouve pas sa patte, sa gouaille. Je suis quasiment sûr que ce n’est pas lui qui gère ses comptes." Au fond, il n’en a pas besoin car "il a, naturellement, les bons ingrédients du communicant".

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