L'euro tentait de se reprendre jeudi face à un dollar pénalisé par des chiffres décevants sur le marché du travail américain, mais restait sous pression du fait d'un regain d'inquiétude des cambistes sur la santé économique de la zone euro. Vers 13H00 GMT (15H00 à Paris), l'euro valait 1,2903 dollar contre 1,2884 dollar mercredi vers 21H00 GMT. L'euro était tombé mercredi à 1,2843 dollar, son niveau le plus faible depuis début avril.

La monnaie unique européenne progressait face à la monnaie nippone, à 132,10 yens contre 131,72 yens mercredi soir. Mardi, l'euro était monté à 132,77 yens, son niveau le plus élevé depuis mi-janvier 2010. Le dollar aussi gagnait du terrain face à la devise japonaise à 102,37 yens contre 102,23 yens mercredi soir. Le billet vert avait atteint mercredi 102,76 yens, son niveau le plus élevé depuis octobre 2008.

"De mauvais indicateurs en zone euro plombent le moral (des investisseurs) et même des chiffres meilleurs qu'attendu de la croissance japonaise --impliquant que les mesures radicales mises en place par le Premier ministre Shinzo Abe sont efficaces-- ne parviennent pas à l'améliorer", commentait Anita Paluch, analyste de Gekko Markets.

L'euro était tombé mercredi à son niveau le plus faible en près de six semaines face au dollar après des chiffres moins bons qu'attendu sur le Produit intérieur brut (PIB) dans la zone euro, confirmant la poursuite de la récession au premier trimestre 2013 et renforçant les inquiétudes grandissantes du marché sur les perspectives économiques dans la région.

L'Allemagne, moteur économique de la région, a évité la récession en enregistrant une reprise timide de sa croissance au cours des trois premiers mois de l'année, mais bien moins qu'attendu, tandis que la France est retombée en récession pour la deuxième fois en quatre ans et que les PIB de l'Italie, de l'Espagne, des Pays-Bas, du Portugal ou de la Finlande s'affichaient aussi en baisse.

Ces chiffres alimentent les attentes du marché pour un abaissement encore plus marqué des taux d'intérêts de la Banque centrale européenne (BCE), orientant la monnaie unique à la baisse. Mais l'euro avait tout de même réussi à freiner sa baisse jeudi grâce à la confirmation d'un fort ralentissement de l'inflation en avril dans la zone euro, et l'annonce d'un excédent commercial en mars dans la région plus élevé qu'attendu, avant d'amorcer un rebond suite à l'annonce d'une hausse marquée des nouvelles inscriptions au chômage aux États-Unis la semaine dernière.

Tant que la reprise de l'emploi dans la première économie mondiale n'est pas durable, la Réserve fédérale américaine (Fed) risque d'être contrainte de poursuivre ses injections de liquidités dans le système financier du pays pour dynamiser la reprise, des actions qui diluent la valeur du billet vert.

Le yen restait de son côté sous pression malgré l'annonce d'une accélération plus forte qu'attendu de la croissance au Japon entre janvier et mars, alors que la troisième puissance économique mondiale était sortie au quatrième trimestre 2012 d'une récession dans laquelle elle avait plongé en milieu d'année. De plus, la production industrielle a grimpé plus que prévu en avril. Ces chiffres "impliquent que la faiblesse du yen commence à porter ses fruits, (comme le montre) la nette hausse des exportations", commentait Michael Hewson, analyste de CMC Markets.

La monnaie américaine a franchi le seuil des 100 yens en fin de semaine dernière pour la première fois depuis quatre ans, après s'être régulièrement appréciée face à la devise nippone depuis la fin 2012 et l'arrivée au pouvoir d'un nouveau gouvernement à Tokyo favorable à une politique très agressive de la Banque du Japon (BoJ) qui a pour effet d'affaiblir le yen.

Vers 13H00 GMT, la livre britannique restait presque stable face à l'euro, à 84,56 pence pour un euro, et repartait à la hausse face au billet vert, à 1,5258 dollar. La devise helvétique gagnait un peu de terrain face à l'euro, à 1,2426 franc suisse pour un euro, comme face au billet vert, à 0,9630 franc pour un dollar.

L'once d'or a fini à 1.377 dollars au fixing du matin - après être tombée vers 08H30 GMT à 1.369,85 dollars, son niveau le plus faible depuis le 18 avril - contre 1.410 dollars mercredi soir. La devise chinoise a terminé à 6,1490 yuans pour un dollar contre 6,1461 yuans mercredi soir.

Hausse marquée du chômage

Les nouvelles inscriptions au chômage ont montré une hausse marquée aux Etats-Unis (+9,75%), supérieure à la prévision médiane des analystes pour la semaine terminée le 11 mai, a indiqué jeudi le département du Travail. Le ministère a recensé le dépôt de 360.000 demandes hebdomadaires d'allocations chômage pour la semaine close le 11 mai en données corrigées des variations saisonnières, soit 32.000 de plus que la semaine précédente, tandis que les analystes tablaient sur 330.000 nouvelles inscriptions au chômage.

Le chiffre de la semaine précédente a été revu à la hausse passant de 323.000 à 328.000. A 360.000, les demandes d'allocations chômage se rapprochent de leur niveau du 30 mars dernier, a précisé le ministère. Il y a un an, la même semaine, elles étaient supérieures, à 373.000.

En moyenne sur un mois, le nombre de nouveaux chômeurs a très légèrement augmenté à 339.250 contre 338.000, au terme du calcul fait sur un mois jusqu'au 4 mai. En cette période d'austérité budgétaire, les employés fédéraux sont plus nombreux à s'être inscrits au chômage à 1.421 contre 1.364 la semaine d'avant et 1.197 il y a un an.

Le taux de chômage aux Etats-Unis en avril s'élève à 7,5%, son niveau le plus faible depuis décembre 2008.

Poursuite de la baisse des prix à la consommation

Les prix à la consommation ont poursuivi leur baisse aux Etats-Unis en avril accusant un retrait de -0,4%, entraînés par la baisse des prix de l'essence, selon les chiffres publiés par le département du Travail jeudi à Washington. Les analystes s'attendaient en moyenne à un recul similaire à celui de mars, c'est-à-dire -0,2%.

En glissement annuel, la hausse de l'indice général des prix est évaluée à 1,1%, la plus faible hausse en glissement annuel depuis novembre 2010. Sur la même période, l'inflation sous-jacente, hors énergie et alimentation, s'établit à 1,7%, le niveau le plus faible depuis juin 2011. Mercredi le département du Travail a annoncé une baisse de l'indice des prix à la production pour avril de -0,7%, supérieure également à la prévision des analystes.

"Comme pour le mois de mars, une forte chute des prix de l'essence explique en premier lieu le déclin" de l'indice des prix d'avril, publié en données corrigées des variations saisonnières, a précisé jeudi le ministère. L'indice des prix de l'essence est en baisse de 8,1% en avril par rapport à mars.

L'indice des prix de l'énergie en général est en moindre retrait (-4,3%), du fait d'un renchérissement des prix du gaz et de l'électricité. Les prix de l'alimentation, restés stables en mars, ont légèrement augmenté en avril (+0,2%). Le salaire hebdomadaire réel moyen a augmenté de 0,5% en avril par rapport à mars, en données corrigées des variations saisonnières, un progrès qui s'explique par une légère hausse du tarif horaire moyen (+0,2%) conjuguée à une baisse des prix en zone urbaine de -0,4%.