Pour un "failed state", la Belgique ne va pas si mal que ça, au fond… C’est l’impression que l’on a en découvrant les résultats de la nouvelle enquête de conjoncture réalisée par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). En effet, alors que les actions sociales font tache d’huile et que le climat général est à la défiance (notamment à l’encontre des pouvoirs publics), le coup de sonde semestriel mené par le patronat belge auprès des fédérations sectorielles montre des signes à la fois rassurants et encourageants.

Rassurant, le bilan macroéconomique l’est assurément. Et c’est en soi une bonne nouvelle, compte tenu des heures sombres vécues par notre pays ces derniers temps ("lockdown", attentats…). "En dépit de tous les événements qui se sont produits ces six derniers mois, résume la FEB, la croissance économique a tenu bon." L’impact des attentats du 22 mars dernier sur l’économie - à travers des secteurs comme l’horeca ou l’activité aérienne - est qualifié de "léger creux" (de l’ordre de 0,2 % du produit intérieur brut pour le 1er trimestre). Pas de quoi modifier la trajectoire de croissance sur l’ensemble de 2016 (+1,5 %, après +1,4 % en 2015).

La confiance reste clairement de mise dans les rangs des chefs d’entreprises. L’enquête montre que près de 65 % des secteurs interrogés envisagent un niveau d’activité semblable au niveau actuel lors des six prochains mois et 24 % s’attendent à une amélioration. Cette confiance s’explique notamment par une "légère amélioration" de la rentabilité des entreprises. Lesquelles, par ricochet, sont à nouveau plus enclines à investir, en particulier, et c’est nouveau, dans l’innovation et le remplacement de biens d’équipement obsolètes.

Les quatre doléances patronales

Ce début de cercle conjoncturel (plus) vertueux fait déjà sentir ses effets sur l’emploi. "Pour la première fois depuis longtemps", se réjouit Pieter Timmermans, administrateur-délégué de la FEB, "le secteur privé a créé des emplois" en termes nets (près de 29 000 entre le 4e trimestre 2014 et le 4e trimestre 2015). Cette embellie est due "surtout" à la politique de modération salariale (saut d’index, "tax shift", accord interprofessionnel prudent) menée ces dernières années, martèle-t-on du côté de la FEB.

"Et maintenant ?", enchaîne le patronat. D’une part, la FEB pointe deux facteurs de risque pour la poursuite de la reprise : le "Brexit" et des actions sociales "irréfléchies" (sic). D’autre part, elle réitère ses quatre principales doléances : instaurer une loi de rétablissement structurel de la compétitivité; augmenter les investissements publics (notamment en matière de mobilité); réduire le taux facial de l’impôt des sociétés; et accroître la flexibilité du marché du travail.