Les signes d’une reprise se multiplient, jour après jour, laissant espérer que la crise financière et économique qui s’est abattue sur la planète à partir de l’été 2008 donne enfin de réels signes d’essoufflement.

La reprise du marché immobilier aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, la fin officielle de la récession en France, en Allemagne et au Japon ou encore la relance de plusieurs hauts fourneaux par ArcelorMittal sont autant d’éléments pointant vers une amélioration de la situation économique.

La hausse de prix des matières premières depuis le mois de mars dernier démontre si besoin en était encore que les marchés tablent bel et bien sur une reprise de l’activité économique. Ce n’est pas un hasard si le pétrole a touché cette semaine son plus haut niveau de l’année, flirtant avec les 75 dollars le baril.

Las, la bataille contre la crise est encore loin d’être définitivement gagnée. La première économie mondiale, les Etats-Unis, est certes en convalescence. Les usines recommencent à tourner, bien souvent parce qu’elles doivent regarnir leurs stocks. Et si les ventes de voitures ont fortement augmenté durant l’été, c’est essentiellement grâce à la prime à la casse, qui a permis la vente de 700 000 véhicules. Cette prime, prolongée début août, a désormais pris fin. Il faudra aussi voir comment les ménages américains vont se comporter, eux qui sont le véritable moteur de l’économie mondial grâce à leur appétit insatiable de consommation. Or, ces ménages se sont mis à épargner et sont plus frileux à utiliser leur carte de crédit.

Le plan de relance de l’administration Obama devra tôt ou tard être compensé par des mesures d’austérité budgétaire voire des hausses des rentrées fiscales, autant d’éléments qui joueront eux aussi sur la consommation.

L’Europe souffle également le chaud et le froid. L’économie française est ainsi officiellement sortie de la récession au 2e trimestre de l’année, enregistrant une hausse modeste mais encourageante du Produit intérieur brut (PIB) de 0,3 %. Cela n’a pas empêché les inscriptions au chômage de repartir à la hausse au mois de juillet, avec 10 000 chômeurs supplémentaires. Le pire est sans doute encore à venir : les syndicats pensent que les grands plans sociaux doivent encore être annoncés. Le taux de chômage devrait dépasser les 10 % à la fin de l’année. L’emploi sera d’ailleurs le talon d’Achille de la reprise. La reprise, si elle a bien lieu, sera d’ampleur trop modeste - elle se fera "en douceur" - pour redynamiser directement le marché de l’emploi, qui risque donc de rester longuement en berne.