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`L'effet Sabena a disparu à l'aéroport´

PIERRE LOPPE

Publié le - Mis à jour le

ENTRETIEN

Un an après la faillite de la Sabena, quel est votre état d'esprit?

J'ai une pensée très triste pour tous ceux qui ont perdu leur emploi. La Sabena était un symbole, comme l'étaient Cockerill ou Acec. Vu que nous travaillons par scénario et non par plan, nous avions envisagé la faillite de notre `home carrier´. Nous avons ainsi pu réagir rapidement en appliquant une gestion de réduction des dépenses très rigoureuse. Nous avons mené à bien les investissements. De ce fait, nous terminerons l'exercice plein de la faillite en équilibre, peut-être même en léger boni. Autrement dit, pour nous, l'effet Sabena (et City Bird) a aujourd'hui disparu. La seule différence, c'est que nous paierons moins que le milliard et demi que nous versions chaque année à l'Etat sous forme de dividende ou de taxes diverses. En outre, la nature ayant horreur du vide, des compagnies aériennes (Lufthansa, Virgin Express ou d'autres) ont suppléé, pour les passagers de point à point, aux manques liés à Sabena. A quelques pc près, nous avons retrouvé nos niveaux records, la différence résultant de la récession économique et de l'impact du 11 septembre sur le transport américain.

Le transit des passagers a chuté. L'aéroport fait pâle figure à côté de ses concurrents directs....

Le déficit est majeur en effet. Nous n'avons récupéré qu'un quart des passagers en transfert à l'époque de gloire de la Sabena. Il faut souligner qu'avant la faillite de la compagnie, l'aéroport avait déjà dix ou vingt ans de retard. Jusqu'en 1988, on a laissé les installations pour ainsi dire à l'abandon.

L'arrivée d'un grand transporteur transcontinental fait toujours cruellement défaut...

En effet. Cela prend du temps, de dix-huit à vingt-quatre mois. SN Airlines n'a pas encore un an et chemine raisonnablement. Une alliance reste possible avec des compagnies comme American Airlines, British Airways, Singapore Airlines, Thaï, etc. D'ici 2005 nous aurons rendu à la plate-forme de Zaventem la place qu'elle doit avoir. En cas contraire, nous aurions un sérieux problème. SN Airlines aussi.

L'impact négatif du réseau TGV?

Les aéroports régionaux bénéficient d'infrastructures dont Bruxelles ne jouit pas. C'est injuste.

Quel regard portez-vous sur la commission parlementaire?

Je n'ai pas à juger. Chercher le ou les responsables n'a pour moi pas de sens. Tout le monde a des leçons à tirer de ce qui s'est passé. La question n'est pas de savoir si on a bien fait de choisir Swissair: tout le monde était pour, moi aussi. Mieux vaut se demander pourquoi on s'est séparé d'Air France.

Selon un document cité par Delsey Airlines, la DAT aurait été assurée à l'époque d'un monopole absolu à Bruxelles National?

J'en ignore tout. Il n'a jamais été question d'accorder un monopole à qui que ce soit.

Que pensez-vous de l'expérience Delsey Arlines?

Sympathique mais curieuse. Pour réussir, il faut de la prudence, des capitaux et de l'humilité. C'est la compétence qui a fait le plus défaut selon moi à ses gestionnaires.

© La Libre Belgique 2002

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