Il n'y a pas que les ouvriers de l'usine Volkswagen de Forest qui sont en grève. Lundi, ils ont été rejoints dans leur mouvement par les 400 travailleurs du site voisin de l'Automotive Park, un parc industriel de quelque 75 000 mètres carrés qui regroupe le centre logistique de VW et une série de sous-traitants. Lundi matin, aucun camion ne pouvait plus ni entrer ni sortir du parc.

Au total, 5 ou 6 fournisseurs de l'usine de Forest seraient à l'arrêt, affirmait lundi l'agence Belga, en citant des sources syndicales. Parmi ces fournisseurs figurent notamment Meritor (habillage intérieur des portes), Johnson Control (sièges) ou encore Alcoa (cadres en aluminium).

Chez Agoria, on estime que pour chaque emploi perdu chez VW, deux emplois le seraient chez ses fournisseurs, qui font travailler quelque 10 000 personnes. Sept de ces fournisseurs sont installés - ou comptent le faire prochainement - dans l'Automotive Park. Une proximité qui permet d'appliquer plus facilement la stratégie du "just in time" utilisée désormais par la plupart des constructeurs automobiles.

L'objectif du projet est que des éléments tels que les réservoirs, les garnitures de portières, ou encore les consoles centrales des Golf soient fabriqués à seulement quelques centaines de mètres de l'usine, pour être ensuite acheminés vers les chaînes de montage via une passerelle qui relie l'Automotive Park et le site de VW Forest. Un mode de fonctionnement qui permet aussi de faire en sorte que moins de camions circulent dans les rues situées aux alentours de l'usine.

Opérationnel depuis seulement quelques mois, ce parc industriel est un projet qui avait été fortement soutenu par le gouvernement bruxellois, précisément dans l'optique de pérenniser le secteur de l'automobile en Région de Bruxelles-Capitale et pour accroître la compétitivité de l'usine de Forest par rapport aux autres usines du groupe VW.

"La Région bruxelloise ne s'est sans doute jamais à ce point investie dans un dossier comme celui du développement de l'Automotive Park", déclarait le ministre bruxellois de l'Economie Benoît Cerexhe à l'occasion du premier coup de pelle donné sur le site. "Il s'est agi depuis des années pour les pouvoirs publics bruxellois de tout mettre en oeuvre pour permettre non seulement que cet investissement se fasse, mais plus encore assurer par là-même, la pérennisation de l'ensemble de l'usine VW en Région bruxelloise".

Autant dire que si VW devait un jour quitter Forest, le coup serait dur pour ceux qui ont porté le projet Automotive Park. D'où aussi la volonté d'AutoVision, la filiale de VW créée pour gérer le Park, de développer des services à destination d'autres entreprises. "AutoVision ne sera pas entièrement dépendant de VW", déclarait son directeur Paul Lenaerts en janvier dernier. "Nous avons notre potentiel de croissance propre". Mais ce potentiel sera-t-il suffisant ?

© La Libre Belgique 2006