Lloyds Banking Group, l'une des plus grandes banques du Royaume-Uni, s'est engagée récemment à quintupler le nombre de ses cadres noirs d'ici 5 ans pour qu'ils ou elles représentent 3% de ses cadres, soit la proportion de Noirs au sein de la population britannique.

Le groupe a expliqué vouloir agir davantage pour améliorer la diversité en son sein dans la foulée des manifestations du mouvement Black Lives Matter.

Dans une note publiée la semaine dernière, Moody's, qui évalue les performances financières des entreprises et Etats et leur capacité à rembourser leur dette, juge que ces mesures sont "positives" pour le groupe et qu'elles rendent son profil de risque plus solide.

La note de Lloyds est pour l'heure maintenue à A3, avec perspective négative, ce qui augure d'un possible abaissement à moyen terme.

Une agence de notation est tenue d'évaluer les différents risques qui pèsent sur une entreprise, que ce soit dans le domaine financier, climatique ou social.

Interrogée par l'AFP, Moody's a confirmé que c'était la première fois qu'elle réagissait à un programme sur la diversité, avec des conséquences sur le profil de risque d'une entreprise privée.

Moody's rappelle que ce ne sont pas les premiers engagements de la banque, qui entendait avoir 10% de ses effectifs appartenant à une minorité ethnique (Noirs, Asiatiques ou autres) en 2020.

L'agence de notation estime que Lloyds est en passe de respecter cet objectif, puisque la banque en comptait en juillet 2020 10,3%, "mais les Noirs sont sous-représentés", prévient Moody's.

Au Royaume-Uni, les études dressent le constat d'une très faible représentation des minorités ethniques dans les postes à responsabilité.

Un rapport récent de la commission gouvernementale Parker relevait que les grandes entreprises de l'indice boursier FTSE-350 ne comptaient que 6,8% de membres des minorités parmi les hauts dirigeants.

Et l'association Business in the Community estime à 1,5% la part de personnes noires parmi les dirigeants du secteur privé dans son ensemble, sans progrès notable depuis 2014.

Selon plusieurs études, les plus grandes entreprises semblent dans l'incapacité de respecter l'objectif fixé en 2017 par le gouvernement de nommer au moins un représentant des minorités ethniques dans leur conseil d'administration d'ici 2021.