Si les trottinettes partagées avaient jusque-là le vent en poupe, l'arrivée soudaine du coronavirus a mis un frein à leur essor. Comme beaucoup d'autres entreprises, ces sociétés subissent la crise de plein fouet.

La firme américaine Bird a ainsi décidé de licencier une grosse partie de ses effectifs. Le site d'informations californien dot.la a révélé il y a quelques jours que la société a viré 30 à 40% de ses travailleurs en deux minutes... via la plateforme de visioconférences Zoom.

Cela s'est passé le vendredi 27 mars dernier. 406 salariés de Bird ont été conviés à une vidéoconférence ayant pour thème "Covid-19 Update" (ndlr : mise à jour à propos du Covid-19). Etant donné que de nombreux travailleurs étaient confinés chez eux depuis deux semaines, ils ont tout d'abord pensé que l'entreprise allait leur donner de nouvelles informations concernant leur travail à domicile. Mais il n'en fut rien. Certains se sont assez vite rendu compte que quelque chose clochait quand ils ont remarqué que tout le monde n'était pas convié à cette réunion, et que la liste des participants était masquée. De plus, il s'agissait d'une simple retransmission vidéo où aucun des invités ne pouvait prendre la parole. Malgré tout, ils sont tombés des nues lorsqu'ils ont fini par comprendre ce qui leur arrivait.

2 minutes, puis plus rien

Au bout de cinq minutes, la voix d'une femme s'est fait entendre. Sans se montrer à la caméra, elle a rapidement expliqué que le coronavirus avait poussé l'entreprise à supprimer un "certain nombre de rôles au sein de l'entreprise". "Hélas, vos rôles sont touchés", a-t-elle expliqué, une certaine émotion dans la voix, en deux minutes montre en main. La transmission s'est ensuite brutalement coupée.

Selon les travailleurs, sous le choc, cette voix leur était inconnue.

“J’ai eu le sentiment de faire partie d'un épisode de la série Black Mirror”, a confié un employé de 23 ans. "Un voix d'outre-tombe arrive et nous dit qu'on a perdu notre travail." “C’est une méthode lâche. Travis (ndlr : le fondateur de l'entreprise) ne nous l'a même pas annoncé lui-même", peste un autre.

Le temps des justifications

Sur Twitter, Travis VanderZanden, le fondateur de Bird, a rapidement été pris à partie sur la façon peu humaine avec laquelle il a renvoyé ses salariés.

S'il a d'abord tenu à préciser que "le message diffusé durant la vidéo n'était pas pré-enregistré", il a ensuite reconnu que l'entreprise "aurait dû passer des appels personnels aux centaines de personnes concernées". Interpellé par un internaute qui soulignait qu'il pouvait toujours le faire, le PDG, un ancien de chez Lyft et Uber, a répondu que "les managers des personnes concernées les avaient appelées juste après la vidéo". "J'ai moi-même été en contact avec plusieurs travailleurs", a-t-il conclu.

Les 406 travailleurs concernés, eux, sont partis avec quatre semaines de salaire, trois mois de couverture médicale et un allongement de la durée d'exercice de leurs options Bird. Pas sûr que cela les aidera à accepter la méthode brutale avec laquelle ils ont été renvoyés...