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Entreprises & Start-up

L'environnement est aussi un business

Mathieu Van Overstraeten

Publié le - Mis à jour le

Selon un rapport qui a fait beaucoup de bruit rédigé par l'ancien chef économiste de la Banque mondiale Nicholas Stern, le réchauffement climatique constitue une catastrophe écologique mais aussi économique. Selon lui, les effets du réchauffement de la planète pourraient coûter jusqu'à 7 000 milliards de dollars à l'économie mondiale.

Mais comme toujours, une menace peut aussi être vue comme une opportunité. De plus en plus, il apparaît que ce qui touche à l'environnement constitue une opportunité économique à ne pas manquer pour les entreprises belges et européennes. Energies renouvelables, produits bio, ou compensation des émissions de CO2 ne sont que quelques-uns des domaines qui semblent forcément amenés à se développer dans les années à venir.

La preuve : selon des chiffres de VentureOne et Ernst & Young, les investissements dans les "cleantech" (c'est-à-dire les entreprises actives dans les énergies renouvelables et les applications environnementales) ont doublé en 2006 pour atteindre 1,28 milliard de dollars.

Autre exemple : le géant de l'électronique Philips annonce que ses ventes de produits dits écologiques ont dépassé les 4 milliards de dollars au cours de l'année écoulée. Et on sait que le groupe néerlandais mise énormément sur le succès de ses ampoules économiques.

En Belgique aussi, on commence à voir certains entrepreneurs se lancer avec succès dans le "business de l'environnement". Au salon "Entreprendre", qui s'est tenu la semaine dernière à Bruxelles, un débat organisé par "La Libre" sur ce sujet rassemblait ainsi Tanguy Detroz, fondateur de la société Dapesco (qui aide les entreprises à utiliser l'énergie de manière plus rationnelle), Dimitri Mertens, cofondateur de la société Climact.org (active dans le domaine de la compensation CO2), Frédéric Dawans, administrateur délégué du fabricant d'éoliennes Air Energy, qui vient de faire son entrée sur Alternext, Emmanuel Berryer, créateur de la société Green-Invest, un tiers-investisseur en mesure d'économie d'énergie et en énergie renouvelable, et Olivier Marquet, le directeur de la Banque Triodos, spécialisée dans le développement durable.

L'éveil des Américains

Tous ont reconnu qu'il était bien plus facile aujourd'hui qu'il y a quelques années de trouver des fonds pour lancer des entreprises actives sur ce nouveau créneau. La preuve : en 2006, Triodos a lancé un fonds baptisé "Renewables Europe Fund", qui investit dans des parcs à éoliennes, des installations d'énergie solaire, des installations de biomasse et des centrales hydrauliques de petite taille.

Cela dit, si l'Europe s'éveille, les Etats-Unis semblent déjà un pas plus loin, puisque les "cleantech" y représentent aujourd'hui 8 pc des investissements dans les nouvelles technologies. Selon la plupart des participants au débat, il est donc temps que l'Europe investisse encore davantage dans l'"éco-business" si elle ne veut pas, comme l'écrivait récemment Jacques Attali, que "les entreprises américaines dominent les marchés mondiaux avec leurs produits économes en énergie, au grand dam des entreprises du reste du monde".

"L'Europe reste à la pointe dans le domaine de l'éolien, mais ces trois dernières années, le prix des éoliennes a grimpé de 15 à 20 pc en raison de la forte demande américaine", confirme Frédéric Dawans.

Et les différents participants au débat de plaider pour la création d'un pôle de compétences consacré aux technologies de l'environnement dans le cadre du plan Marshall wallon. "C'est une erreur manifeste de ne pas avoir retenu le développement durable comme un axe de développement majeur pour la Wallonie", affirme Olivier Marquet. "Il faut absolument que l'on se dirige plus résolument vers ces industries du futur."

Pour Tanguy Detroz, il y a, par exemple, de grandes perspectives d'avenir dans le domaine de l'isolation des bâtiments, qui est selon lui la méthode la plus efficace pour réduire fortement notre consommation d'énergie. Une piste à creuser pour les entrepreneurs de demain...

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