Air France-KLM a annoncé lundi le "succès" de son augmentation de capital qui lui a permis de lever 1,036 milliard d'euros, opération au terme de laquelle l'Etat français doublera sa participation dans le groupe aérien en difficulté, à 28,6 %. Il s'agit d'une étape dans le plan d'aide au groupe franco-néerlandais annoncé le 6 avril. Celui-ci voit également l'Etat français convertir 3 milliards d'euros de prêts directs en quasi-fonds propres pour aider la société à surmonter la crise du Covid-19, qui lui a fait perdre 7,1 milliards d'euros en 2020.

Conformément au plan annoncé il y a deux semaines, l'un des autres importants actionnaires d'Air France-KLM, la compagnie chinoise China Eastern, a souscrit à cette augmentation de capital, sa participation passant de 8,8 % à 9,6 %.

En revanche, l'Etat néerlandais, qui détenait 14 % d'Air France-KLM avant l'augmentation de capital, a décidé de ne pas y participer et va donc se retrouver mathématiquement dilué, à 9,3 % des parts.

Premières mesures de recapitalisation

Même conséquence pour Delta Air Lines: le géant américain contrôlait la même proportion de capital que China Eastern avant l'opération clôturée lundi, mais la réglementation de son pays d'origine lui interdisait d'y participer en tant que récipiendaire d'aide publique. La compagnie d'Atlanta va tomber à 5,8 % des parts de l'ensemble franco-néerlandais.

"Le succès de notre augmentation de capital et le soutien renouvelé de nos principaux actionnaires témoignent de la confiance des investisseurs dans les perspectives du groupe, dont la solidité financière est renforcée grâce à ces premières mesures de recapitalisation", s'est félicité le directeur général d'Air France-KLM, Benjamin Smith, cité dans le communiqué.

Plus tôt lundi, M. Smith, malgré la crise sanitaire qui a privé le secteur aérien de deux tiers de ses clients l'année dernière en lui occasionnant des pertes abyssales, s'était dit optimiste à moyen et long terme pour son activité.

L'intérêt des investisseurs pour l'augmentation de capital montre qu'"il est évident que notre secteur d'activité sera toujours là à l'avenir", a-t-il affirmé d'un symposium en ligne, le World Aviation Festival.