Ce n’est pas vraiment une surprise, tant ce scénario s’est déjà répété à maintes reprises au cours des dernières semaines: la flambée des bourses américaines mardi soir, dans la foulée de la décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) d’abaisser son taux d’intérêt directeur à pratiquement 0 pc (lire notre précédente édition), n’a guère inspiré les places européennes. Elles ont en effet terminé pour la plupart dans le rouge la séance de mercredi. Leur baisse est certes restée modeste (-0,16 pc à Bruxelles, -0,30 pc à Paris), mais on pouvait s’attendre à mieux, surtout après des ouvertures en hausse.

Il est vrai qu’elles n’ont pas été aidées par l’ouverture négative de Wall Street où, là aussi, l’euphorie a été finalement de courte durée. "L’excitation de la veille qui a suivi la baisse des taux de la Fed et son communiqué sur sa politique monétaire est remplacée par des prises de bénéfices et un report de l’attention sur les perspectives économiques épouvantables", ont souligné les analystes de Charles Schwab.

Les Etats-Unis affichent un déficit des comptes courants au troisième trimestre à 174,1milliards de dollars, qui va devoir être financé par endettement. Une telle situation "va rendre la récession plus longue et plus profonde, et amoindrir les effets bénéfiques d’un plan de relance de Barack Obama", selon Peter Morici, économiste à l’Université du Maryland.

La baisse des taux de la Fed a par ailleurs entraîné l’accélération du mouvement de rechute du dollar face à l’euro, mais aussi au yen. L’euro est ainsi repassé au-dessus de 1,43 dollar, contre 1,38 la veille. Deux raisons à ce rebond de l’euro. "Il semble que les investisseurs ont abandonné cette logique étrange qui faisait a utomatiquement du billet vert un refuge au moment où les problèmes s’accumulaient sur l’économie" américaine, commentaient les analystes de Moneycorp. Autre explication: l’euro bénéficie en quelque sorte de la politique moins agressive de la Banque centrale européenne sur les taux d’intérêt. Or, l’écart de rendement ne devrait pas évoluer à court terme, le président de la BCE ayant laissé entendre qu’un assouplissement de la politique monétaire n’était pas forcément à l’ordre du jour de la réunion de janvier.

La livre sterling a elle aussi perdu quelques plumes face à l’euro, perdant 3 pc mercredi face à la monnaie unique, qui a atteint un nouveau record face à la devise britannique. La livre a pâti de l’information selon laquelle la Banque d’Angleterre devrait suivre la politique de taux de la Fed. Le taux directeur britannique est actuellement de 2 pc. La Banque de Norvège a elle réduit son taux de 1,75 point, le ramenant à 3 pc.