L'euro remontait un peu lundi, après avoir souffert en fin de semaine dernière des propos prudents du président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi sur les perspectives de la zone euro, et alors que se réunit l'Eurogroupe en fin de journée à Bruxelles.

Vers 07H00 GMT (08H00 à Paris), l'euro valait 1,3385 dollar contre 1,3361 dollar vendredi vers 22H00 GMT. Il était tombé vendredi en séance jusqu'à 1,3350 dollar, un nouveau plus bas depuis le 25 janvier. L'euro avançait également face à la devise nippone à 123,99 yens contre 123,83 yens vendredi soir.

Le dollar reculait légèrement face à la monnaie japonaise à 92,63 yens contre 92,70 yens vendredi soir.

Jeudi, à l'issue de la réunion mensuelle de la BCE qui a maintenu son principal taux d'intérêt directeur inchangé, M. Draghi a souligné que, même s'il s'attendait à une amélioration économique en fin d'année, les indicateurs d'activité continuaient de montrer des signes de faiblesse. Il a appelé les gouvernements à poursuivre sur la voie des réformes.

Le patron de la BCE a par ailleurs estimé que la hausse de la monnaie unique européenne, montée il y a dix jours à son niveau le plus élevé depuis 14 mois (1,3711 dollar), n'était pas inquiétante à ce stade et constituait surtout le signe d'un retour de la confiance dans la zone euro.

Il a également rappelé que son institution n'avait pas d'objectif de taux de change, alors que le président français François Hollande s'est inquiété de la progression rapide de l'euro qui pèse sur les exportations de la France et a réclamé la définition d'une politique de change pour lui éviter de trop fluctuer.

Les tensions autour du cours de la monnaie unique devraient s'inviter à la réunion des ministres des Finances de la zone euro, programmée plus tard dans journée, la première sous la présidence du Néerlandais Jeroen Dijsselbloem qui succède au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Si les Français souhaitent pouvoir débattre de la question de l'euro fort, l'Allemagne se range pour le moment à l'avis de la BCE.

La discussion autour des taux de change et une possible "guerre des monnaies" devrait rebondir en fin de semaine à Moscou, où se réunissent les ministres des Finances et banquiers centraux du Groupe des vingt principaux pays riches et émergents (G20), pour la première fois sous présidence russe.

Contraints de contenir voire résorber leurs dettes, les pays riches ont de plus en plus recours à l'arme monétaire: faire tourner la planche à billets pour soutenir leur économie. Après les Etats-Unis, coutumiers de cette politique, le Japon vient de convaincre sa banque centrale d'explorer cette voie, un tournant censé le sortir d'une spirale déflationniste qui anémie l'activité.

Ce virage a aussi pour conséquence de faire baisser le yen, au grand soulagement des industriels japonais, mais au grand dam de certains pays, dont l'Allemagne, un des principaux pays exportateurs dans le monde.

Vers 07H00 GMT, la livre britannique baissait face à l'euro à 84,74 pence pour un euro et était stable face au billet vert à 1,5795 dollar. La devise helvétique perdait du terrain face à l'euro à 1,2281 franc suisse pour un euro, ainsi que face au billet vert à 0,9175 franc suisse pour un dollar.