L'euro s'affichait en recul mardi, souffrant des hésitations et incertitudes sur l'issue de la crise grecque à l'approche du référendum du 5 juillet, lors duquel les Grecs sont invités à se prononcer sur les demandes des créanciers du pays.

Vers 18H00 GMT (20H00 à Paris), la monnaie unique européenne valait 1,1142 dollar, contre 1,1247 dollar lundi vers 21H00 GMT.

La devise européenne était tombée dimanche vers 22H00 GMT (au début d'échanges en Asie lundi) sous le seuil de 1,10 dollar, à 1,0955 dollar, un plus bas en quatre semaines, après être montée à plus de 1,13 dollar il y a 10 jours.

La monnaie européenne baissait toujours face à la devise japonaise, à 136,31 yens contre 137,83 yens lundi soir. Elle avait dégringolé dimanche vers 22H00 GMT à 133,78 yens, au plus bas en cinq semaines.

Le dollar aussi perdait du terrain face à la devise japonaise, à 122,34 yens contre 122,55 yens lundi soir. Le billet vert est tombé mardi vers 08H45 GMT à 121,94 yens, son niveau le plus faible en cinq semaines.

"La volatilité de l'euro révèle les inquiétudes persistantes et la volatilité des pourparlers sur la dette grecque", a déclaré Kathy Lien, de BK Asset management.

"Le marché essaie de deviner où veulent en venir la Grèce et la zone euro et l'Union européenne, et c'est pour cela que l'on voit tous ces retours de balancier dans la paire euro-dollar", a-t-elle ajouté.

"Mais il faudrait profiter de tout rebond de l'euro pour en revendre avant le référendum, parce que tant une victoire du oui que du non crée des incertitudes pour l'euro: un oui signifierait la chute du gouvernement (Tsipras), et un non voudrait dire qu'on pourrait se diriger vers un +Grexit+", a ajouté Mme Lien.

De son côté, Omer Esiner, chez Commonwealth Foreign Exchange, a expliqué que vu les incertitudes, "les investisseurs sont réticents à trop s'éloigner de la sécurité des actifs en dollars".

Toutefois, a-t-il noté, le dollar n'en profite pas pleinement car "la montée des perturbations en zone euro a un peu réduit les chances d'une hausse des taux à court terme" par la Réserve fédérale américaine (Fed).

"Si la volatilité des marchés n'augmente pas par rapport à ce qu'on voit maintenant, une hausse des taux en septembre est toujours sur la table", a pour sa part estimé Mme Lien. Cependant, "entre le ralentissement en Chine, la situation (de faillite) de Porto Rico et la situation en Grèce, ce sont des choses dont la Fed doit tenir compte", a-t-elle ajouté.

La Fed a indiqué qu'elle souhaitait rehausser cette année les taux d'intérêt, laissés au plus bas depuis la fin 2008, mais tout en affichant une grande prudence pour ne pas perturber l'économie mondiale ni bouleverser les échanges mondiaux.

Toute hausse des taux rendrait le dollar plus rémunérateur et donc plus attrayant, mais à l'inverse tout report de cette perspective pèse sur le billet vert.

Vers 18H00 GMT, la livre britannique progressait face à la monnaie européenne, à 70,83 pence pour un euro, après avoir atteint dimanche vers 22H45 GMT 69,88 pence, son niveau le plus élevé depuis novembre 2007. La livre sterling se stabilisait face au dollar, à 1,5731 dollar pour une livre.

La devise suisse baissait face à l'euro, à 1,0419 franc pour un euro, comme face au dollar, à 0,9352 franc pour un dollar.

La devise chinoise a terminé à 6,2010 yuans pour un dollar, son niveau de clôture le plus fort en trois semaines et demie, contre 6,2087 yuans la veille.

L'once d'or a fini à 1.171 dollars au fixing du soir - après être tombée vers 15H00 GMT à 1.166,84 dollars, son niveau le plus faible en trois semaines et demie - contre 1.176 dollars lundi.