La Commission européenne a approuvé ce mercredi la désignation du groupe Liberty House comme acquéreur approprié (qui doit donc être un concurrent effectif et durable) de plusieurs usines sidérurgiques d'ArcelorMittal, vendues au titre des engagements offerts par ce dernier afin d'acquérir Ilva. Parmi les sites concernés, plusieurs figurent en région liégeoise. En mai 2018, l'exécutif européen avait autorisé le rachat d'Ilva par ArcelorMittal sous réserve de conditions.

ArcelorMittal était notamment tenu de vendre un grand nombre d'actifs, à savoir des usines sidérurgiques, à un acquéreur approprié. Le groupe annonce que la transaction devrait être finalisée d'ici fin juin.

"Les annonces d’aujourd’hui marquent une étape importante dans l’évolution de Liberty", annonce pour sa part le président exécutif de l'alliance GFG qui détient Liberty House, Sanjeev Gupta. "Nous sommes ravis que l'UE ait validé le choix de Liberty comme acquéreur approprié pour ces actifs sidérurgiques européens. Cela fera de nous le troisième producteur d'acier en Europe. Nous sommes un groupe ambitieux et nous continuons à dépasser les frontières. Le regroupement de nos actifs sidérurgiques intégrés internationaux fait partie de notre expansion délibérée, stratégique et durable.", a-t-il encore ajouté.

Eviter le monopole

La cession était proposée par ArcelorMittal pour apaiser les craintes de la Commission concernant la concurrence effective sur les marchés européens des produits en acier plat au carbone laminés à chaud et à froid et galvanisés.

L'ensemble d'actifs qu'ArcelorMittal a sélectionné et s'est engagé à céder consiste en plusieurs sites de production à travers l'Europe. Il s'agit notamment d'aciéries intégrées en Roumanie et en Tchéquie, mais aussi d'usines de finition en Italie, en Belgique, au Luxembourg et en Macédoine du Nord.

En Belgique, les lignes de galvanisation 4 et 5 à Flémalle et le site de Ferblatil à Tilleur sont concernés par la reprise de Liberty House. Avec ce rachat, quelque 730 travailleurs changeront d'employeur.

Jordan Atanasov, secrétaire régional liégeois de la CSC Metea, estime que ce rachat "peut être une opportunité pour le bassin liégeois, dont le tissu sidérurgique se réduit depuis des années, avec des craintes de nouvelles fermetures d'usines".

Mais en l'absence de beaucoup de précisions sur les intentions du groupe Liberty House, le permanent syndical reste prudent. "Il faut que Liberty House apporte des engagements sur le volume d'emploi, l'approvisionnement et des garanties sociales", dit-il.