La Commission européenne a annoncé lundi avoir débloqué une nouvelle enveloppe de 85 millions d'euros pour assister les réfugiés syriens, dont 5 millions pour aider les étudiants de ce pays à poursuivre des études en Europe.

Ces 85 millions sont une partie des 400 millions d'euros difficilement trouvés en juin dans le budget européen pour répondre à un appel du Haut-commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR).

La moitié, soit 40 millions, seront dépensés en Syrie pour des programmes de santé et d'éducation menés sous couvert de l'Unicef et pour financer des actions de l'Unesco.

40 millions seront alloués à des actions pour aider les Syriens déplacés en Jordanie.

Le solde, soit 5 millions d'euros, est destiné au programme Erasmus Mundus afin d'aider des étudiants syriens à poursuivre leurs études dans les universités européennes.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a estimé lundi à Genève que la souffrance des Syriens était "une tache sur la conscience du monde", alors que 6,8 millions d'entre eux ont besoin d'aide humanitaire.

Plus de 115.000 Syriens ont été tués depuis le début du conflit en mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). En outre, plus de 2,2 millions ont fui dans les pays voisins, essentiellement en Jordanie et au Liban, selon le HCR.

La Commission européenne a précisé avoir scindé les 400 millions d'euros en deux enveloppes: la première de 250 millions d'euros est destinée au soutien des actions humanitaires, la seconde de 150 millions est allouée à des actions économiques et de développement.


Barroso: "La souffrance des Syriens entache la conscience du monde"

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a estimé lundi à Genève que la souffrance des Syriens "est une tache sur la conscience du monde", alors que 6,8 millions d'entre eux ont besoin d'aide humanitaire, dont la moitié sont des enfants. "C'est insupportable", a-t-il lancé.

"Les souffrances du peuple syrien vont au-delà de ce que nous pouvons tolérer", a déclaré M. Barroso, après une rencontre avec le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, au siège de l'organisation humanitaire à Genève.

M. Barroso a considéré que "la crise humanitaire (syrienne, ndlr) n'avait pas de frontière, raison pour laquelle il fallait faire spécialement attention pour éviter que le conflit ne s'étende".

Il a également noté qu'il fallait éviter les "dissensions" entre les réfugiés et les communautés d'accueil des pays de la région voisins de la Syrie.

Il a appelé toutes les parties à respecter le droit international humanitaire et a jugé "inacceptables les attaques contre les civils, y compris les humanitaires".

De son côté, le patron du CICR, Peter Maurer, a souligné la neutralité de son organisation et a indiqué n'avoir toujours pas de nouvelle de ses 3 employés enlevés depuis le 13 octobre en Syrie.