L’annonce a été faite aux syndicats de Gosselies lors d’une réunion de la task force européenne. Cet argent provient du Fonds d’ajustement à la mondialisation.

Armés de toute leur détermination à se faire entendre et d’une solide cargaison de pétards, plus de 600 travailleurs et sous-traitants de Caterpillar Gosselies ont manifesté lundi matin dans le quartier européen de Bruxelles. Ce rassemblement se déroulait en marge d’une réunion de la task force européenne Caterpillar, réunissant la délégation syndicale de l’entreprise, le chef de cabinet de la commissaire européenne à l’Emploi Marianne Thyssen, des représentants du Forem, du ministre wallon de l’Economie Jean-Claude Marcourt et de la Sogepa (un des bras financiers de la Région wallonne). Les syndicats venaient rappeler à cette réunion plusieurs revendications, dont celle de renforcer les règles européennes en matière de protection de l’emploi face "aux stratégies financières des multinationales".

Financer les cellules de reconversion grâce à la manne européenne

La rencontre a duré deux heures. A la sortie, les délégués principaux FGTB et CSC ont pris la parole, face à la foule. Ivan Del Percio (FGTB) a annoncé que l’Europe devrait débloquer 20 millions d’euros dans le cadre du Fonds d’ajustement à la mondialisation, qui a pour but d’aider les personnes ayant perdu leur emploi à cause de la fermeture, restructuration ou délocalisation d’une grande entreprise. "Cette somme pourra servir à financer les cellules de reconversion voire à former les travailleurs à de nouveaux métiers", explique le délégué.

D’autres sujets, concernant plus directement le gouvernement fédéral, ont été abordés en réunion, comme l’abaissement de l’âge de la RCC (prépension) pour certains futurs ex-travailleurs de Caterpillar et la baisse d’imposition sur les indemnités de licenciement. "Sur la RCC, ça va être compliqué… Nous ne la demandons pas parce qu’on ne veut plus travailler mais bien parce que nous exerçons un métier pénible", précise Ivan Del Percio. Ces deux revendications du front commun syndical seront à l’ordre du jour d’une réunion ("clé", selon les syndicats) de coordination avec les autorités wallonnes et fédérales qui aura lieu vendredi à Namur.

Mise en demeure toujours pendante

Le 6 février, la maison mère de Caterpillar Gosselies a mis en demeure l’entreprise de reprendre la production et les expéditions de machines dans les 30 jours, sous peine de rupture de contrat et donc de mise au chômage technique des travailleurs. L’usine tourne au ralenti depuis une bonne semaine puisque le personnel observe une demi-journée de grève chaque jour. Devant les manifestants, les délégués ont appelé leurs affiliés à "venir tous les jours à l’usine". "La mise en demeure ne nous fait pas peur car on est de toute façon tous licenciés. Mais il sera possible de reprendre la production. On ne va pas se tirer une balle dans le pied", signale Ivan Del Percio. Les négociations autour du plan social se poursuivent avec la direction locale, qui aurait quelque peu amélioré son offre financière.