Vendredi, plus personne ne se faisait d’illusion. L’Espagne allait demander de l’aide à l’Europe. La seule incertitude portait sur le montant. Lors d’une conférence téléphonique samedi, les dix-sept ministres des Finances de la zone euro ont donné leur accord pour 100 milliards. Peu après avoir confirmé un plan qui consiste à prêter de l’argent pour recapitaliser des institutions bancaires en difficulté, le Premier espagnol, Mariano Rajoy, a claironné que l’euro avait gagné en "crédibilité".

Croit-il vraiment ce qu’il dit ? On n’en est pas convaincu. Car, force est de constater que les critiques ont fusé après l’annonce du plan. Pour l’économiste belge Paul De Grauwe, on ne résout rien. Au contraire, on ne fait qu’augmenter la dette espagnole. Et de décrier l’absence de solidarité entre les membres de l’euro zone. La preuve : le ministre des Finances Steven Vanackere s’est empressé d’expliquer que cela ne coûterait qu’un milliard à la Belgique. D’autres économistes ne comprennent pas qu’il faille aider des caisses espagnoles qui ont spéculé scandaleusement sur l’immobilier. Et s’étonnent aussi qu’on n’ose pas demander des mesures draconiennes à l’Espagne contrairement à la Grèce ou à l’Irlande.

Et puis avec l’accord de ce week-end, on a ouvert une nouvelle brèche. C’est maintenant un grand pays qui appelle au secours. D’où la question sur toutes les lèvres : l’Italie ne sera-t-elle pas le prochain pays à frapper à la porte ?

Les Dix-sept ont agi, une fois de plus, parce qu’ils étaient sous la pression des marchés et des agences de notation. Et la solution apportée n’est ni durable ni suffisante. Pire, elle suscite des nouvelles craintes.