La Belgique est une fois de plus en retard quant à la transposition de la directive européenne en matière de télécommunications. C'est du moins ce qu'a déploré lundi la commissaire européenne à la société de l'information Viviane Reding.

Selon elle, ce retard tient notamment à la structure communautaire du pays. Les télécommunications ne sont pas de la seule compétence du niveau fédéral. Les communautés ont également leur mot à dire.

En raison de divergences sur son statut, l'Institut belge des postes et télécommunications (IBPT) n'a débuté qu'en octobre 2005 son analyse de marché. «Beaucoup trop tard», selon Mme Reding, qui entend étudier les données des Etats membres et prendre des mesures.

«C'est vrai que nous avons un certain retard, et c'est regrettable, mais cela n'empêche pas que la réglementation actuellement en vigueur reste tout à fait valable. Le marché n'est donc pas déstabilisé», répond Eric Van Heesvelde, le président de l'IBPT. «Bien sûr, il y aura un retard de quelques mois avant que les consommateurs ne constatent une baisse des prix, mais nous avançons désormais assez rapidement sur les 17 marchés que nous devons analyser et pour lesquels nous proposerons éventuellement des remèdes pour améliorer la concurrence. Pour quatre d'entre eux, notre projet de décision pourrait même être envoyé à la Commission d'ici à un mois et demi, après un passage par le Conseil de la concurrence.»

Parmi les remèdes actuellement proposés par l'IBPT - et soumis aux remarques du secteur -, on retrouve par exemple l'ouverture des réseaux ADSL 2+ et VDSL de Belgacom à ses concurrents. Très mécontent, l'opérateur historique estime que ce genre de mesures décourage ceux qui veulent investir dans l'amélioration de leurs infrastructures.

Quoi qu'il en soit, Viviane Reding estime que la libéralisation des télécoms constitue jusqu'ici une «success story». Sans citer de chiffres, elle a assuré que le processus avait créé de nombreux emplois, et que le secteur était à l'origine de 25pc de la croissance de l'UE. Elle a également souligné la baisse des prix des communications. Depuis 2000, le coût d'un appel de 3 minutes a chuté de 65pc (de fixe à fixe) et celui d'un appel de 10 minutes de 74pc.

En matière de téléphonie mobile, les résultats sont plus mitigés. Mme Reding a notamment réaffirmé que le prix du roaming international restait trop élevé. La Commission devrait proposer, en mai ou juin, des règles pour réduire le coût des appels mobiles passés à l'étranger.

© La Libre Belgique 2006