La diffusion par "La Libre" de l'information relative aux SMS pirates a suscité une foule de réactions de la part des spécialistes du secteur des télécoms, mais aussi d'utilisateurs réguliers de systèmes d'envoi de SMS par d'autres réseaux que ceux des opérateurs locaux.

A l'IBPT, l'Institut belge des services postaux et des télécoms, les spécialistes de la sécurité, ont testé toute la journée des logiciels - il en existe apparemment une flopée - afin de trouver des manières de bloquer ces SMS. Des contacts ont été pris rapidement par ces spécialistes, mais aussi des responsables de Proximus en matière de sécurité, nous explique le jeune entrepreneur belge Fabrice Myard, de la société Draym.net. "J'ai fourni toutes les informations à ces spécialistes afin de leur permettre de chercher un système permettant de contrer l'envoi de SMS pirates", nous a-t-il expliqué.

Y a-t-il une facturation des SMS envoyés à l'insu des émetteurs ? "Dans certains cas de SMS surfacturés, apparemment", explique-t-il. Il y a donc une faille de sécurité "économique" à laquelle les spécialistes tentent de trouver une solution.

Sur les forums de discussion spécialisés, mais aussi dans le courrier électronique de nos lecteurs, c'est ce point qui a suscité le plus de remarques. En effet, si l'utilisateur présumé n'est pas facturé, le problème n'existe pas. Economiquement, il n'a en tout cas aucun impact. Mais le risque d'une usurpation d'identité est bien réel, et sans doute beaucoup plus grave que celui de la surfacturation de quelques SMS. Il n'est pas compliqué d'imaginer des scénarios dans lesquels des destinataires de SMS confiants reçoivent des messages de proches leur demandant d'effectuer telle ou telle action. Que penser de messages courts adressés à des enfants par leurs parents... ou ceux qu'ils croient être leurs parents.

Chez Base, le porte-parole Bart Vandesompele assure que les techniciens et les ingénieurs étudient le problème. "Tout le monde cherche, mais apparemment, notre système ne laisse pas passer ce type d'envoi puisque le numéro est lié à la carte. Mais on suit le problème." Chez Proximus, que nous avions contacté mercredi, on a aussi mis la machine de recherche en marche, et on teste tous les logiciels disponibles sur Internet. Le problème est pris très au sérieux. Les spécialistes que nous avons consultés estiment que le problème, qu'il y ait ou non surfacturation, est grave et dépasse plus que probablement nos frontières. "Le problème essentiel vient du fait que la technologie SMS tout comme celle des e-mails, n'a pas été créée pour le grand public", nous explique Grégoire Bourguignon (Astel.be), un spécialiste des astuces GSM. "Et il ne sera pas évident de remédier à cette faille de sécurité, même si les réseaux se sont considérablement améliorés en matière de sécurité ces trois dernières années." A ma connaissance, poursuit-il, "il n'y a pas de risque de surfacturation des numéros "utilisés" pour ces SMS". Mais il est sans doute utile de conseiller la prudence à vos enfants !

© La Libre Belgique 2007