Mauvaise affaire pour Mobistar et Base : le "gendarme" belge des télécoms, l’IBPT, a décidé de modifier le régime des tarifs d’accès aux réseaux concurrents en faveur des consommateurs, mais au détriment des challengers de Proximus, filiale de Belgacom, qui occupe une place historique dans le marché des télécoms en Belgique.

De quoi parle-t-on ? Dans le communiqué qui accompagne l’annonce de la consultation relative au projet de décision, l’IBPT (Institut belge des services postaux et des télécommunications) donne quelques éléments permettant de comprendre les données du problème. "Les tarifs de terminaison sur les réseaux mobiles (MTR, Mobile Terminating Rates) sont les tarifs de gros qu’un opérateur de téléphonie mobile facture à d’autres opérateurs (fixes, mobiles, étrangers) lorsque ces derniers font aboutir un appel téléphonique sur le réseau mobile de l’opérateur en question. Depuis 2001, l’IBPT a adopté diverses mesures de régulation de ces tarifs MTR, conduisant à des réductions très substantielles. Ainsi, au cours de la précédente période d’analyse de marché (2006 à 2009), le niveau moyen des tarifs MTR des trois opérateurs mobiles belges a été réduit de près de moitié. Pour la nouvelle période d’analyse de marché (2010-2013), le nouveau Conseil de l’IBPT a opté pour une approche visant à faire diminuer plus significativement encore, au bénéfice des consommateurs, ces tarifs MTR." Le problème, c’est que les prix de ces accès ont été différenciés selon les opérateurs afin de leur permettre d’amortir leurs investissements en fonction du nombre de leurs clients, et en tenant compte de la position historique de Belgacom dans le paysage des télécoms belges. Ainsi, nous explique Florence Muls, porte-parole de KPN Belgique (Base), "Belgacom paie plus cher pour l’accès à notre réseau (11,43 cents/minute) que nous (7,20 cents/minute) ou que Mobistar (9,02 cents/minute), qui est arrivé avant nous sur le marché." On parle donc de tarifs "asymétriques" permettant d’équilibrer la donne concurrentielle. En clair, les challengers de Proximus sont bénéficiaires nets de ce système. "Si on devait les modifier de manière importante, nous perdrions de l’argent sur ces communications", estime encore Florence Muls. Or, sur base de recommandations européennes, l’IBPT a décidé de réduire à la fois ces tarifs dès cette année, et de réduire aussi le niveau d’asymétrie des tarifs. Pour Base et Mobistar, le coût de cette mesure sera significatif. En Bourse, mardi, l’action Mobistar a subi l’anticipation d’un recul sévère de ses résultats. L’analyste de Degroof n’est pourtant pas trop pessimiste.