Le marché immobilier belge serait surévalué de 49%, soit l'un des taux les plus élevés au monde, selon des données de l'OCDE, dont fait état Le Soir dans son édition de jeudi. Les données de l'OCDE mesurent la rapport entre le prix des logements et les revenus, mais aussi le rapport entre ces prix et les loyers. Dans les deux cas, la Belgique se situe nettement au-dessus de la moyenne, à respectivement 49% et 63%.

Ces données viennent confirmer de précédentes analyses émises par la Banque centrale européenne, l'agence de notation Standard & Poor's et l'hebdomadaire The Economist, qui ont tous conclu à l'existence d'une bulle immobilière en Belgique, sans toutefois s'accorder sur la taille de celle-ci.

Les experts interrogés par Le Soir misent quant à eux sur une stabilisation des prix, plutôt que sur une décote brutale. A moins qu'un élément déclencheur ne provoque une baisse, comme ce fut le cas aux Pays-Bas, où la fin du régime de déduction des intérêts a précipité la chute des prix.

Confédération Construction: "L'OCDE ne tient pas compte des spécificités belges"

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) n'a pas tenu compte des spécificités belges en affirmant que le marché immobilier du pays est surévalué de 49%, estime jeudi la Confédération Construction dans un communiqué. "Le pourcentage avancé par l'OCDE est très théorique, en ce sens qu'il se base uniquement sur une comparaison entre les prix des logements et les revenus disponibles ou des prix des loyers. D'autres facteurs entrent bien évidemment en ligne de compte pour déterminer la valeur de nos logements. A commencer par le rapport entre l'offre et la demande. Cette demande restera sans aucun doute soutenue au vu des projections démographiques pour les années à venir", affirme la Confédération Construction.

Cette dernière fait également référence au niveau important d'épargne des Belges et au fait que cet argent est souvent investi dans l'achat ou la construction d'une habitation. "Le nombre d'abandons de prêts hypothécaires restent dans notre pays aussi relativement faible, avec un pourcentage de mauvais payeurs d'à peine 1,67%. L'endettement des ménages belges est de 55% du PIB, ce qui est inférieur à la moyenne européenne de 65%."

La Confédération rappelle en outre que le marché belge n'est pas celui des Pays-Bas, de l'Irlande ou de l'Espagne, qui ont adopté des régimes fiscaux qui leur sont propres.