La direction de l'imprimerie Hélio Charleroi S.A., qui avait repris en 1988 les activités d'impression des Editions Dupuis, a annoncé vendredi, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, son intention de faire aveu de faillite. Les 160 ouvriers et 20 employés ou cadres que compte l'entreprise pourraient donc perdre leur emploi.

Une assemblée du personnel se tiendra vendredi après-midi. De source syndicale, on annonce que le personnel, "sous le choc et en colère car les salaires de janvier ne seront pas payés", va occuper l'usine "au moins jusqu'à ce que la faillite soit prononcée".

Selon Marc Moreau, permanent syndical CSC, "le directeur, un Finlandais qui ne parle même pas le français, s'est enfui (peu après l'annonce). Toute négociation avec lui est donc impossible". "Et il ne reviendra pas", précise le permanent Setca Alain Rebier, qui souligne que la direction locale d'Hélio Charleroi n'a été avertie par le groupe propriétaire de l'aveu de faillite que "une heure avant la tenue du conseil d'entreprise extraordinaire".

Selon l'entreprise basée à Fleurus, cet aveu de faillite était inévitable car la continuation des activités "n'est plus viable dans les conditions de marché actuelles". Le secteur européen de l'imprimerie est depuis plusieurs années en permanente restructuration en raison d'une baisse continue des volumes d'impression, explique Hélio dans son communiqué. "Ce recul a mené à une surcapacité structurelle et à une concurrence meurtrière sur les prix, conduisant à des réorganisations, fermetures et faillites partout en Europe."

La disponibilité réduite du papier a accéléré cette spirale négative l'année dernière et entraîné une augmentation des prix. Cette hausse ne pouvait toutefois pas être répercutée sur le client, ajoute l'entreprise. "Opérant déjà dans des conditions de marché difficiles, une nouvelle réduction substantielle des volumes et une perte de commandes dans le marché de détail en 2018 ont engendré une situation intenable", poursuit la direction.

Le tribunal de l'entreprise devra désormais déclarer la faillite, a priori lundi, et nommer un ou plusieurs curateurs. Ceux-ci pourront envisager deux scénarios : l'arrêt des activités ou leur poursuite afin de récupérer un maximum d'argent. Les curateurs se mettront à la recherche d'éventuels repreneurs, même si, de l'avis de Marc Moreau, "ce sera difficile car c'est une grosse usine et le marché de l'impression est en grande difficulté". "Il faudrait vraiment que ce soit un gros acteur du secteur", avance Alain Rebier.

Hélio Charleroi, fait partie du groupe international CirclePrinters. On y fait de l'héliogravure, soit une impression sur rouleaux de cuivre, une technique a contrario de l'offset. L'usine est d'ailleurs unique en Belgique et ses rotatives, acquises il y a une dizaine d'années, étaient les plus grosses de ce type en Europe.

Il y a quelques années, on y imprimait des magazines comme Ciné Télé Revue, Humo ou Télé Star. Aujourd'hui, Hélio ne produit plus que des dépliants publicitaires pour des enseignes de la grande distribution (Carrefour, Auchan, Leclerc...).

En 2012, Hélio Charleroi avait subi une restructuration. Cent dix emplois avaient été supprimés.